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Sommet Europe-Afrique : l’Afrique attend surtout une aide économique

Le 30 mars 2000, publié sur ufctogo.com

L’Afrique attend surtout du premier sommet Europe-Afrique, qui se tient les 3 et 4 avril au Caire, un accroissement de la coopération économique de l’Europe avec ce continent d’un milliard de personnes "marginalisé par la globalisation" et un allègement - voire une annulation -de sa dette évaluée à 350 milliards de dollars.

A quelques jours de ce sommet historique, le chef de l’Etat algérien Abdelaziz Bouteflika, président en exercice de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), a donné le ton en déclarant que les 53 pays d’Afrique fondaient "de grands espoirs" sur la rencontre du Caire. Il a toutefois souligné que l’objectif des Africains n’était pas de "prendre une photo de famille pour l’histoire".

M. Bouteflika avait récemment estimé que "l’évolution de la relation entre l’UE et les Etats africains survenait au moment où l’Afrique" est "de plus en plus marginalisée dans le processus de globalisation". Les Africains espèrent que les Européens fixeront des mécanismes de suivi de ce sommet qui va débattre de "questions permanentes auxquelles il faut trouver des solutions", a également souligné M. Bouteflika, alors que l’Union Européenne ne semble pas acquise à une périodicité de ce genre de rencontres.

La préoccupation économique et plus particulièrement le problème de l’allègement de la dette, est largement partagée par les dirigeants africains qui la considèrent comme une "hypothèque sur le développement". Cette question figure en tête des préoccupations du Mali, de la Mauritanie, du Cap Vert, de la Gambie, du Sénégal, de la Guiné-Conakry et de la Guinée Bissau, notamment.

"L’Afrique a besoin de coopération économique et non d’aide économique", a déclaré à l’AFP Doyin Okupe, porte-parole du président nigérian Olusegun Obasanjo, pays le plus peuplé d’Afrique avec quelque 120 millions d’habitants. "Pour la première fois, nos relations sont celles de partenaires et non de maîtres à domestiques. Nous allons au Caire avec beaucoup d’optimisme. Notre sentiment est que ce sommet renforcera la relation entre l’Europe et l’Afrique", a-t-il ajouté. Le président Obasanjo avait, quant à lui, demandé une "nouvelle conférence de Berlin" (1885), redéfinissant les relations entre l’Afrique et l’Europe, dont certains pays sont d’anciennes puissances coloniales.

L’Afrique du Sud a l’intention de demander un accroissement de l’aide humanitaire et de soulever le problème des conflits, des droits de l’Homme et du désarmement. La question des conflits sera également évoquée par la République Démocratique du Congo (RDC) qui devrait demander une nouvelle fois aux pays africains et à l’Union Européenne de condamner sans ambiguité "l’agression" du Rwanda et de l’Ouganda qui soutiennent les mouvements rebelles et exiger le "retrait immédiat" des troupes de Kigali et de Kampala de l’ex-Zaïre.

Le Botswana, selon un porte-parole de la présidence, attend du sommet du Caire qu’il discute "du développement, du commerce, de l’annulation de la dette et de la coopération". Pour la Gambie, le sommet du Caire "est un événement historique qui donne à l’Afrique l’occasion de parler à l’Europe".

Le Tchad, le Gabon et la Guinée Equatoriale comptent évoquer les problèmes de l’Afrique centrale en général.

Le Maroc, qui ne participait plus aux rassemblements africains parrainés par l’OUA depuis 1984 en raison de l’admission au sein de cette organisation de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD, auto-proclamée), sera présent cette fois au Caire, l’Algérie ayant obtenu que la RASD renconce à participer à ce sommet. Les observateurs estiment que le Maroc, qui reste discret sur le sommet euro-africain, prépare progressivement son retour à l’OUA. Son Premier ministre Abderrahmane Youssoufi a récemment estimé que "l’Afrique n’a pas su valoriser ses avantages comparatifs" et appelé à "une intégration régionale véritable".

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, compte réitérer ses demandes de compensation après le vote du parlement européen en faveur de l’utilisation dans la fabrication du chocolat de matières grasses végétales (MGV) à la place du beurre de cacao. Le Togo demandera "sans illusion" la reprise de la coopération avec l’Union Européenne, suspendue en 1993, après des violences politiques qui ont fait plusieurs dizaines de morts au début du processus de démocratisation.
AFP

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