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Six morts dans les affrontements à Aného

Le 28 avril 2005, publié sur ufctogo.com

Des affrontements mardi et mercredi à Aného (extrême sud du Togo) ont fait six morts et une vingtaine de blessés parmi des opposants togolais qui ont pris d’assaut un pont péage et un commissariat, a affirmé jeudi à l’AFP l’un de leurs chefs joint au téléphone à la frontière avec le Bénin.

"Actuellement nous avons six morts et une vingtaine de blessés à l’hôpital de Aného", a déclaré ce chef des insurgés, qui ne s’est présenté que sous le nom de "Charles" et qui se dit membre du Comité togolais de résistance (CTR).

"De leur côté, un gendarme a été touché par balle, ils se sont précipités sur lui et l’ont évacué", a-t-il ajouté.

Mercredi, un correspondant de l’AFP avait constaté que la ville située sur l’Océan Atlantique, sur l’axe Lomé-Cotonou, avait été le théatre de violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants de l’opposition contestant la victoire annoncée de Faure Gnassingbè, fils du défunt général-président Gnassingbé Eyadéma, à la présidentielle du 24 avril.

Ce correspondant avait constaté que le commissariat central avait été saccagé ainsi qu’un complexe hôtelier mais aucun bilan officiel de victimes n’avait pu être obtenu, alors que le bilan des émeutes et de la répression à Lomé s’élève à au moins 22 morts, selon des sources hospitalières.

Le CTR est un mouvement d’opposants togolais en exil en France, qui a organisé les manifestations de février à Paris, à la suite du coup de force des militaires togolais qui avaient placé Faure Gnassingbé au pouvoir, après la mort de son père Gnassingbé Eyadéma, le 5 février 2005.

Ce groupe avait appelé mardi "à une insurrection généralisée" et à la formation d’un gouvernement de salut public dirigé par le candidat de l’opposition radicale.

"Je suis le chef de file agissant au nom du CTR. Nous avons pris d’assaut le pont à péage gardé par les gendarmes. Ils ont tiré à balles réelles sur nous", a affirmé "Charles". "Il y a eu des blessés parmi nous qui sont actuellement à l’hôpital de Aného".

"Le second groupe a pris d’assaut le commissariat. On a emporté quelques armes qui étaient chez eux. Les policiers ont pris la fuite. Nous avons contrôlé la situation jusqu’au soir. Il y a eu des échanges de coups de feu".

"Finalement, les munitions nous ont manqué et on a été obligés de se replier", a-t-il rapporté.

"Le 27 au matin, ils (les forces de l’ordre togolaises) ont reçu des renforts de Lomé par hélicoptère. Ils ont commencé par rentrer dans les maisons, ils tabassaient tous les jeunes qu’ils trouvaient, ils rentraient dans les maisons, ils tiraient, ils tuaient les gens de 7 à 45 ans", a-t-il assuré.

"Nous avons dû nous replier vers le Bénin. Je suis en exil pour le moment. Nous sommes près d’une centaine de jeunes réfugiés à la frontière du Bénin. Nous attendons l’ordre du retour au Togo pour intervenir si nous avons des renforts", a-t-il déclaré sans préciser d’où ces renforts pourraient provenir.

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