DEPECHE

Situation catastrophique en Haïti après la tempête tropicale Jeanne

Le 26 septembre 2004, publié sur ufctogo.com

Le bilan de 1316 morts et 1097 disparus s’alourdit encore, tandis que les rescapés privés de leur logement manquent d’eau et de vivres et que le risque d’épidémie grandit. Le président intérimaire haïtien Boniface Alexandre a annulé sa visite aux Gonaïves pour des raisons de sécurité.

Une semaine après le passage de la tempête tropicale Jeanne, de nombreux quartiers des Gonaïves, dans le nord-ouest de Haïti, sont encore inondés et le désordre règne dans cette ville de 250.000 personnes où la plupart des habitants n’ont pas encore reçu d’aide humanitaire.
Le bilan s’alourdit chaque jour de plusieurs dizaines de morts. La dernière estimation samedi 25 septembre au matin de la Protection civile haïtienne est d’au moins 1.316 morts, 1.097 disparus et 3.000 blessés.

Le mécontentement de la population -privée d’électricité et manquant de produits de première nécessité- grandit chaque jour. Le président intérimaire haïtien Boniface Alexandre a annulé une visite prévue samedi aux Gonaïves pour des raisons de sécurité, a-t-on appris dans son entourage.
Boniface Alexandre a lancé un appel solennel aux habitants des Gonaïves pour qu’ils veillent à la bonne répartition de l’aide humanitaire et qu’elle ne soit pas détournée.
"Il y a cette habitude en Haïti que dans ce genre de situation, l’aide donnée par la communauté internationale n’aboutisse pas aux personnes concernées, il faut que cela cesse", a-t-il déclaré à la télévision. De retour de New York où il assistait à l’assemblée générale de l’Onu, Boniface Alexandre a assuré qu’il avait reçu des engagements des Etats-Unis pour aider les sinistrés et appuyer son gouvernement qui, a-t-il promis, mènera des actions concrètes et efficaces aux Gonaïves, ville déjà particulièrement déshéritée.

Aide humanitaire attendue

Le gouvernement intérimaire, au pouvoir depuis mars, est très critiqué et accusé de lenteur dans la mise en place des réformes promises.
Le Premier ministre Gérard Latortue s’est rendu samedi aux Gonaïves avec les ministres de l’Intérieur et de la Santé. Les autorités sont totalement dépassées par les évènements et l’assistance apportée repose presque exclusivement sur la communauté internationale.
Les distributions d’aide alimentaire aux Gonaïves se sont multipliées ces derniers jours (120 tonnes, selon l’Onu) mais de nombreux habitants se plaignent qu’elles se déroulent dans les mêmes quartiers.
La coordination de l’aide internationale explique qu’elle a besoin de conditions minimales de sécurité et qu’il serait dangereux de procéder à des distributions dans les quartiers aux rues étroites, chaque arrivée d’aide déclenchant une mini-émeute.
Pour l’instant l’aide parvient aux Gonaïves mais les villages durement frappés par la tempête dans la vallée de la Quinte, comme Passe-Rene -150 morts et de nombreuses maisons détruites-, n’ont toujours pas reçu d’assistance.
"Nous sommes dans une logique de crise humanitaire qui s’ajoute à une crise chronique", relève le coordinateur de l’aide internationale, Eric Mouillefarine.

Urgence sanitaire

Dans le domaine de la santé, la ville est aussi paralysée. L’hôpital a été dévasté par la tempête et les quatre dispensaires mis sur pied dans l’urgence se limitent aux premiers soins et aux accouchements. Les habitants ont besoin de chirurgie, souligne le fonctionnaire de l’Onu.
Au moins un hôpital de campagne doit être installé le temps de remettre en service l’hôpital public.
Vendredi soir, un convoi de la Croix-Rouge française est arrivé aux Gonaïves avec 40 tonnes de secours : matériel de pompage et de distribution d’eau potable, kits médicaux d’urgence.
L’aéroport étant toujours inondé, la route reste le seul moyen pour acheminer l’aide.
Les préoccupations d’ordre sanitaire persistent : la majorité des 250.000 habitants de la ville ne disposent ni de toilettes ni d’évacuation des eaux usées.
De passage aux Gonaïves, la ministre haïtienne de la Santé Josette Bijoux, a demandé à 200 médecins et infirmiers de se rendre aux Gonaïves pour sensibiliser la population au risque d’épidémies.
Le Comité international de la Croix-Rouge cherche à mettre en place un service permettant aux habitants des Gonaïves d’informer leur famille en Haïti ou à l’étranger qu’ils sont en bonne santé.

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