DEPECHE

Raz-de-marée dévastateurs en Asie du Sud : plus de 11.500 morts, nombreux disparus

Le 26 décembre 2004, publié sur ufctogo.com

Des vagues géantes générées par un puissant séisme au large de l’Indonésie ont déferlé dimanche sur l’Asie du Sud, faisant plus de 11.500 morts et de nombreux disparus en dévastant villages de pêcheurs, plages et stations touristiques notamment au Sri Lanka, en Inde et en Thaïlande.

Ce séisme, le plus violent survenu dans le monde depuis 40 ans, avec une magnitude de 9 sur l’échelle ouverte de Richter, s’est produit à 00H58 GMT au large de l’île de Sumatra.

Le séisme a en effet atteint une magnitude de 9, a indiqué dimanche l’Institut géologique américain (USGS), révisant son chiffre précédemment annoncé de 8,9. Il est le quatrième séisme le plus important depuis 1900.

Il a provoqué une série de raz-de-marée, et des vagues atteignant parfois dix mètres de haut ont frappé des milliers de kilomètres de côtes en Inde, au Sri Lanka, en Malaisie, en Indonésie, en Thaïlande et dans les Maldives.

Les bilans, encore provisoires, faisaient état de plus de 11.500 morts, dont de nombreux enfants, et de milliers de blessés, dont des dizaines de touristes étrangers.

Des milliers de personnes, certaines emportées par les vagues ou se trouvant en mer, étaient aussi portées disparues dans ces pays.

La catastrophe a fait plus d’un million de personnes déplacées et sans-abri, selon la Croix Rouge à Genève, citant les autorités locales.

"La mer envahit la terre !", ont crié des villageois au Sri Lanka quand une première vague est arrivée.

Partout, les vagues énormes ont défoncé des habitations, des hôtels et des commerces, ravagé les ports, coulé des bateaux et détruit de pauvres villages de pêcheurs.

Elles ont déferlé sur les plages paradisiaques de la région, notamment en Thaïlande, où séjournaient des milliers d’Occidentaux, engloutissant des baigneurs et réduisant en miettes des bungalows de vacances. Des rescapés hagards ont décrit des "paysages de guerre".

"On est sortis sur le balcon, pour voir quelle journée nous allions avoir, et, soudain, elle était là, en face de nous, la vague", a raconté une touriste australienne, Raeshell Tang, à Phuket, une des principales stations touristiques du sud de la Thaïlande.

"Il y avait de nombreux blessés avec des plaies. Du sang partout", a-t-elle dit à une télévision australienne.

"Des gens étaient accrochés aux arbres, des enfants ont été arrachés des bras de leurs mères, et ensuite, elles aussi ont été emportées par les flots", a raconté Jack Allen, un touriste britannique séjournant aussi à Phuket.

Des milliers d’habitants paniqués des zones côtières se sont réfugiés sur les hauteurs, et contemplaient, hébétés, les eaux redevenues calmes et les rues jonchées de débris après la catastrophe, tout en redoutant l’arrivée de nouvelles vagues.

Les gouvernements européens se mobilisaient pour recueillir des informations sur les victimes et venir en aide aux milliers de touristes qui passaient Noël dans les régions sinistrées.

Le séisme qui a déclenché les raz-de-marée est le plus violent enregistré depuis celui de 1960 au Chili (9,5 Richter) et un des cinq plus puissants depuis 1900.

En Thaïlande, les autorités recensaient 310 morts. Les îles touristiques de Phuket et de Phi Phi ont les plus frappées. Phuket, où au moins 117 personnes ont péri, est l’un des lieux de villégiature les plus populaires d’Asie du sud-est, avec des centaines de milliers de visiteurs chaque année.

Deux cent quatorze personnes étaient aussi portées disparues à Phuket, dont 162 touristes étrangers.

"Les gens qui faisaient de la plongée ont été traînés le long du corail et jetés sur la plage, et ceux qui prenaient des bains de soleil ont été emportés dans l’eau", a raconté Simon Clark, un photographe londonien de 29 ans, qui se trouvait avec son amie sur l’île thaïlandaise de Koh Ngai.

Le gouvernement thaïlandais a décrété l’état de catastrophe naturelle et a mobilisé l’armée de terre et la marine.

Même scènes de dévastation au Sri Lanka, où plus de 3.200 personnes ont été tuées. De nombreuses autres étaient portées disparues.

Le pays a décrété un état de catastrophe naturelle et a fait appel à l’aide internationale. L’armé et la marine ont été mobilisés.

"J’ai vu des maisons et des arbres déracinés emportés à l’intérieur des terres", a raconté Waruna, 35 ans, de sa maison de Paiyagla, à 50 km au sud de Colombo, la capitale.

En Indonésie, au moins 4.185 personnes ont été tuées. Les autorités ont évoqué un "désastre national" et s’attendaient à ce que le bilan s’alourdisse encore.

La région de Banda Aceh, à l’extrême pointe de l’île de Sumatra, a été la plus touchée, avec 1.400 morts. Des villages de huttes de pêcheurs ont été engloutis par des murs d’eau.

Au moins 29 personnes ont été tués en Malaisie voisine.

En Inde, plus de 2.400 personnes sont mortes lorsque la côte sud a été submergée par des vagues géantes, et le bilan devrait s’alourdir. Des collégiens qui jouaient au cricket sur la plage ont été entraînés en mer.

L’Etat du Tamil Nadu a été le plus touché, avec plus de 1.500 morts et de nombreux villages étaient sous les eaux.

Dans l’Andhra Pradesh, plus de 200 personnes ont été tuées et beaucoup d’autres blessées. Près de trois cents personnes sont mortes dans la région de Pondichéry. Au moins 300 personnes sont mortes et 700 sont portées disparues sur l’archipel d’Andaman.

Des bateaux, avions et hélicoptères participent aux secours. Certaines zones côtières du Tamil Nadu étaient le théâtre de scènes de désolation : villages entiers ensevelis sous les eaux, ambulances transportant des corps. A Madras, les morgues étaient surchargées par les cadavres, dont ceux de nombreux enfants.

Les Maldives, petit paradis touristique de l’Océan indien, ont elles aussi été touchées. Au moins 15 personnes, dont un touriste britannique, ont été tuées. La plus grande partie de la capitale, Male, a été inondée et l’aéroport était fermé.

Deux personnes ont été tuées au Bengladesh. L’île Maurice a été légèrement touchée, mais aucune victime n’était signalée.

La catastrophe a même endommagé quelques bateaux de pêche dans les ports de l’île française de la Réunion, à 7.000 km de l’épicentre. Et le gouvernement kenyan a ordonné "par précaution" l’évacuation de ses côtes le long de l’océan Indien après avoir constaté "d’étranges mouvements de l’eau".

Le pape Jean-Paul II s’est déclaré "attristé" par "l’immense tragédie".

Plusieurs pays européens comme la Grande-Bretagne, la France, la Russie, la Turquie ont notamment offert leur aide et la commission européenne a débloqué trois millions d’euros d’aide d’urgence.

BILAN DES MORTS :

- Sri Lanka : 4.300
- Indonésie : 4.185
- Inde : 2.606
- Thaïlande : 310
- Malaisie : 42
- Maldives : 32
- Bangladesh : 2
- Total : 11.577

AFP - Visiter le site

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