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Quinze des pays participant au VIIIe sommet de la francophonie violent la liberté de la presse, selon RSF

Le 25 août 1999, publié sur ufctogo.com

Associated Press, AP, Paris, France, 25 août 1999

Sur les 52 pays qui doivent participer du 3 au 5 septembre à Moucton (Canada) au VIIIe sommet de la francophonie, 15 violent la liberté de la presse, dénonce mercredi l’organisation Reporters sans frontières (RSF).

Les 15 pays visés par RSF sont le Burkina Faso, le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Laos, la Mauritanie, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Togo, la Tunisie et le Vietnam.

"Si dans ces pays, les atteintes à la liberté de la presse ne sont pas toutes de la même gravité, ces régimes ont en commun de bafouer ’l’idéal francophone, celui de la liberté et des droits de l’homme proclamé lors du précédent sommet à Hanoï en 1997", souligne l’organisation dans un communiqué.

Elle précise que 17 journalistes, dont 13 sont des Africains, sont actuellement emprisonnés dans cinq des pays cités : le Rwanda (5), la République du Congo (4), le Vietnam (4), la Tunisie (2) et la Côte d\’Ivoire (2). Ces professionnels sont le plus souvent accusés de liens avec l’opposition.

RSF note par ailleurs que depuis le sommet de Hanoï, plus de 120 journalistes ont été incarcérés dans 20 pays participant au sommet de Moucton. A elle seule, la République démocratique du Congo a envoyé 60 professionnels de la presse derrière les barreaux et la grande majorité n’ont jamais été jugés.

Un journaliste a en outre été assassiné au Burkina Faso. Norbert Zongo, directeur de l’hebdomadaire "L’Indépendant" a été retrouvé mort avec trois autres personnes dans son véhicule carbonisé à une centaine de kilomètres au sud de Ouagadougou. Dans son rapport, la commission d’enquête indépendante précise qu’il faut "chercher les mobiles de ce meurtre du côté des enquêtes menées par le journaliste et notamment sur ses récentes investigations concernant la mort de David Ouedraogo, le chauffeur de François Compaoré, le frère du chef de l’Etat.

" Reporters sans frontières constate également que les saisies de journaux sont monnaie courante dans plusieurs pays qui participent aux sommets de la francophonie, à commencer par la Tunisie, la Mauritanie le Gabon, la République centrafricaine et le Laos.

Relevant que 14 des 15 pays qu’elle dénonce "maintiennent dans leur législation des peines de prison pour délits de presse", l’organisation souligne que "les instances internationales en charge des droits de l’homme considèrent qu’une condamnation à une peine de prison est ’disproportionnée’ par rapport au préjudice subi par la victime." De fait RSF appelle les 15 pays cités, mais aussi l’ensemble des participants au sommet de Moucton, à "modifier dans leur législation tous les articles de loi qui prévoient une peine de prison pour des délits de presse afin de laisser subsister que des amendes."

AP

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