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Présidentielle au Togo : le Français Fodé Sylla s’y rend comme observateur

Le 25 mai 2003, publié sur ufctogo.com

ABIDJAN, 25 mai (AFP) - 15h17 - L’eurodéputé français, Fodé Sylla, a annoncé dimanche qu’il se rendrait prochainement au Togo pour observer le déroulement de l’élection présidentielle du 1er juin, précisant qu’il ne s’agissait aucunement de "cautionner Eyadéma".

"Je souhaite constater par moi-même sur le terrain les irrégularités du scrutin et de la période de campagne. Je ne vais pas au Togo pour soutenir la candidature du président (Gnassingbé) Eyadéma, au contraire", a déclaré M. Sylla au téléphone depuis Paris.

"Ne pas y aller serait accepter que l’opposition a perdu d’avance et qu’une fois de plus Eyadéma aura réussi son coup", a-t-il affirmé, en réponse à ceux qui l’accusent de soutenir implicitement le président sortant Gnassingbé Eyadéma en accord avec les autorités françaises.

Le journal français Le Monde écrivait dans son édition de dimanche : "Bruxelles a décidé de ne pas cautionner un scrutin incontrôlable par l’envoi d’observateurs. Paris en a décidé autrement".

Début mai, l’Union européenne avait fait savoir qu’il n’y aurait pas d’observateurs pour cette élection, faute d’avoir pu mener une "mission exploratoire".

"Je me rend au Togo à la demande des partis d’opposition, qui m’ont envoyé une lettre lors d’un séjour à Lomé fin mars, et qui souhaitent avoir des observateurs pour les prochaines présidentielles", a expliqué Fodé Sylla, membre du groupe de la gauche européenne et membre de la commission UE/Afrique-Asie-Pacifique (ACP) du Parlement européen, également président internationale de SOS-Racisme.

"Ma décision n’a rien à voir avec les démarches menées par les autorités françaises. J’avais décidé de me rendre sur place même à titre individuel. Mon groupe au Parlement européen me soutient dans cette démarche individuelle et finance mon voyage", a ajouté M. Sylla rappelant ses actions passées "contre les dictateurs africains. On ne peut pas me soupçonner d’aller servir la soupe à Eyadéma".

"Je souhaite rencontrer les dirigeants de l’opposition, le ministre de l’Intérieur, et le représentant de l’UE sur place, et ensuite voir par mes propres moyens comment se déroule le scrutin", a-t-il conclu, affirmant arriver "très prochainement au Togo".

Au total, sept candidats dont celui du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT, au pouvoir), le président Eyadéma, ont été retenus par la Cour constitutionnelle pour le scrutin du 1er juin prochain.

M. Eyadéma, au pouvoir depuis 36 ans, avait annoncé en juillet 2001 son intention de se retirer de la course à la présidentielle de 2003, conformément à l’ancienne constitution. Mais le 30 décembre 2002, le Parlement, largement dominé par le RPT, avait modifié l’article 59 de la constitution, ouvrant ainsi techniquement la voie à une nouvelle candidature de l’actuel chef de l’Etat, élu en 1993 et 1998.

Son principal opposant Gilchrist Olympio, leader de l’UFC et opposant historique au général Eyadéma, a été écarté de ce scrutin suite à une décision de la Commission Electorale Nationale Indépendante confirmée par la Cour constitutionnelle le 6 mai

AFP

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