DEPECHE

Présidentielle au Togo : l’opposant Olympio raconte "pourquoi et comment" il est exclu

Le 21 mai 2003, publié sur ufctogo.com

PARIS, 21 mai (AFP) - 22h13 - "Quand je suis arrivé, début mai, du Ghana, la police togolaise m’a retenu pendant trois heures et demi à la frontière", raconte Gilchrist Olympio, principal opposant au général togolais Gnassingbé Eyadéma, mais exclu de la présidentielle du 1er juin.

"Ils m’ont imposé ce qu’ils appellent +Le fouillage+. Puis les problèmes se sont multipliés pour mon parti et moi même", poursuit mercredi soir d’un ton à la fois grave et désabusé le président de l’Union des forces du changement (UFC) dans une conférence de presse tenue au Centre d’accueil de la presse étrangère (CAPE), à Paris.

L’opposant, candidat déclaré à une élection qui se tenait à moins d’un mois à son arrivée à la frontière, décrit la situation : "la police me reprochait d’avoir un passeport ghanéen. Mais, depuis 1995, mon passeport togolais était périmé et Eyadéma refusait de m’en faire un autre. J’en avais donc demandé un au Ghana, car ma mère était Ghanéenne. Finalement ils me l’ont pris, Eyadéma l’a chez lui. J’ai pu rentrer en France grâce à ma carte de séjour".

A Lomé, s’il n’a pas été inquiété par la police, il n’en a pas été de même pour ses partisans qui manifestaient leur mécontentement après l’annonce qu’il ne pourrait se présenter à la présidentielle. Le pouvoir a en effet changé les règles du jeu en décembre 2002 : une modification de la Constitution empêche Olympio de se présenter mais permet, en revanche, au président, en place depuis 36 ans, de briguer un nouveau mandat.

"Les forces de sécurité ont pris Jean-Pierre Fabre, le numéro deux de mon parti, elles sont entrées au siège, ont emmené des ordinateurs, quelques sous, aussi. Ils ont aussi arrêté 35 jeunes gens. Tous ont été relâchés", raconte l’opposant dont le père, le président Sylvanus Olympio a été assassiné en 1963 au cours d’un coup d’Etat auquel participait activement un sergent revenu d’Indochine, Gnassingbé Eyadéma.

"Il s’est vanté alors d’avoir lui même tué mon père", affirme Gilchrist Olympio, qui ne retournera plus au Togo et fera des études d’économie à l’université d’Oxford.

De 1967 jusqu’à ce jour, le président Eyadéma s’est maintenu par une succession de coups de force, une sorte de coup d’Etat permanent", affirme le président de l’UFC.

Il dénonce le "régime de terreur. L’armée entretient un état d’insécurité dans tout le Togo par des attentats contre la personne et les biens des personnalités politiques et des populations civiles"

Selon lui, le "clan Eyadéma" l’empêche de se représenter parce qu’il avait "remporté la présidentielle du 21 juin 1998". Il dénonce ce "coup de force électoral" et, dit-il "il est donc clair que le président Eyadéma ne veut plus prendre le risque de s’engager dans une compétition électorale" face à lui.

"Alors, le pouvoir en place a joué sur le fait, que, pour des raisons de sécurité, je suis obligé de vivre hors du Togo. Vous savez, on a essayé de me tuer trois fois", affirme-t-il.

Pour autant, Gilchrist Olympio dit vouloir éviter un "bain de sang dans son pays" même si, selon lui, un référendum "demanderait un changement de pouvoir à 90 pour cent".

Il se "souvient" qu’Eyadéma avait promis "solennellement de ne pas se représenter, en présence du président Jacques Chirac, à Lomé, en juillet 1999".

Il est persuadé de la réélection d’Eyadéma, "qui tient tous les medias d’Etat et les institutions" mais donne rendez-vous aux Togolais "après l’élection".

AFP

© Copyright AFP

Dépêches suivantes

Dépêches précédentes

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
vendredi
17 novembre 2017
Lomé 28°C (à 18h)