DEPECHE

Polynésie : l’ex-président indépendantiste Temaru entame un "jeûne"

Le 26 octobre 2004, publié sur ufctogo.com

PAPEETE (AFP) - mardi 26 octobre 2004 - 7h14 - Le président sortant de la Polynésie française, Oscar Temaru (indépendantiste) a annoncé lundi qu’il entamait un jeûne, avec "ministres et élus", au sein même du palais présidentiel qu’il occupe toujours à Tahiti, trois jours après l’élection à la tête du territoire de l’UMP Gaston Flosse qui a, de son côté, affirmé son "autorité".

"Nous avons décidé, à partir de ce soir 18H00 (06H00, heure de Paris) de jeûner, le temps qu’il faudra", a annoncé M. Temaru, collier de fleurs autour du cou. "Je crois que c’est une première dans l’histoire de ce pays !", a-t-il dit à la presse, lundi après-midi, au siège de la présidence occupé.

Très croyant, M. Temaru n’a volontairement pas utilisé l’expression "grève de la faim" : il a "demandé à la population de participer spirituellement à ce jeûne".

A plus de 17.000 km de Paris, l’ancien douanier de 60 ans a lancé vers l’Elysée : "M. Chirac, acceptez la démocratie ! Que soient organisées dans ce pays de nouvelles élections, c’est tout ce que nous demandons."

Parallèlement, une délégation se rendra à Paris et au parlement européen, à Bruxelles, pour parler de ce qui se passe dans notre pays où la démocratie est bafouée", a ajouté le leader de l’ex-majorité plurielle, rassemblant des indépendantistes mais aussi des partisans de l’autonomie dans la République opposés à M. Flosse.

Oscar Temaru conteste la légitimité de l’élection à la présidence de Gaston Flosse (par 29 voix sur 57, vendredi, à l’assemblée de Polynésie), sénateur de 73 ans et ami de longue date de Jacques Chirac, qui avait déjà dirigé les archipels pendant 16 ans.

Devenu, en juin, le premier président indépendantiste de Polynésie française, après la victoire électorale de sa coalition, M. Temaru a vu son gouvernement renversé, le 9 octobre, par l’adoption d’une motion de censure à l’assemblée, un élu de sa majorité ayant rallié le camp de M. Flosse.

Il se présente comme le "président légitimement élu par le peuple", face à un "président autoproclamé", "élu par ses caporaux".

Dans cette situation de confrontation de plus en plus tendue, Gaston Flosse a insisté sur "la légalité de son élection" annoncée lundi par le Journal officiel de la Polynésie française, en évoquant les décisions rendues par le Conseil d’Etat et le tribunal civil.

Par voie de communiqué, il a solennellement déclaré : "j’assume personnellement la responsabilité de la direction des administrations dans leur ensemble", dans l’attente de la nomination des ministres, prévue mardi à 10H00 (20H00, heure de Paris).

Alors que M. Temaru se félicitait d’avoir "signé encore ce matin des documents en tant que président", M. Flosse écrivait noir sur blanc : "nul autre n’est habilité à donner des instructions aux administrations", "nul agent public n’est non plus autorisé à exécuter des consignes qui ne procéderaient pas de mon autorité".

Dans la matinée, l’assemblée de Polynésie française a connu un nouvel épisode troublé.

Alors que le président de l’assemblée, l’indépendantiste Antony Geros, avait convoqué pour 09H00 les 57 élus (dont M. Flosse), en mettant à l’ordre du jour une nouvelle élection du président de l’archipel, M. Geros lui-même ne s’est pas présenté, et la séance n’a donc pas eu lieu...

Apparaissant mal à l’aise, M. Flosse a alors tenu une conférence de presse dans un climat tendu, puisqu’une foule grondait dans le hall de l’assemblée, en agitant des chaises, aux cris de "Oscar président", "Flosse bandit !", face à des militantes flossistes, toutes d’orange vêtues, qui chantaient "On ne veut pas la dispute, il faut être heureux".

AFP

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