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Plusieurs personnes tuées à Abidjan, où l’armée est déployée en force

Le 25 mars 2004, publié sur ufctogo.com

Plusieurs personnes tuées à Abidjan, où l’armée est déployée en force

Plusieurs personnes ont été tuées par balles jeudi dans différents quartiers d’Abidjan alors que la ville est totalement bouclée par les forces de l’ordre en raison d’une manifestation interdite de l’opposition contre le président Laurent Gbagbo, selon des témoins.

Dans une capitale économique ivoirienne en Etat de siège, les forces armées du régime Gbagbo n’ont pas lésiné sur les moyens pour mater la manifestation : survols d’hélicoptères et chasseurs d’attaques, gaz lacrymogènes, tirs à balles réelles.

De sources militaires, deux personnes ont été tuées par balle à Koumassi (sud de la ville) et une autre à Anyama (nord).

Un photographe de presse a également indiqué qu’une personne avait été tuée par balle à Yopougon (ouest). Des habitants de ce quartier ont affirmé que trois autres personnes avaient été tuées mais cette information n’a pu être confirmée de source officielle.

Selon un organisateur de la manifestation interdite, six personnes auraient été tuées à Abobo (nord) où des affrontements sont signalés.

Aucun bilan officiel n’a été communiqué et selon les correspondants de la radio officielle RCI, la situation est "plutôt calme" dans la ville.

Le président ivoirien a interdit toute manifestation jusqu’au 30 avril et réquisitionné l’armée pour maintenir l’ordre jusqu’au 15 avril. Une "zone rouge" a été décrétée jeudi autour du palais présidentiel à l’intérieur de laquelle tout manifestant "sera considéré comme combattant ennemi et traité comme tel sans sommation", avait prévenu le pouvoir.

Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, d’Henri Konan Bédié) et le Rassemblement des Républicains (RDR, d’Alassane Ouattara), qui reprochent au président Gbagbo de bloquer l’application des accords de paix de janvier 2003, ont décidé mercredi soir de maintenir la marche pacifique.

Dès jeudi matin, d’importantes forces de l’ordre s’étaient déployées dans la capitale économique ivoirienne, notamment autour du quartier administratif et politique du Plateau, où la manifestation de protestation prévoyait de se diriger.

Des militaires nerveux étaient également postés aux principaux carrefours dans les autres quartiers et dispersaient la population.

Non loin du siège du RDR, des forces de l’ordre ont dispersé sans ménagement des attroupements, comme dans les autres quartiers de la ville.

Selon un journaliste de l’AFP présent sur les lieux, un petit groupe d’hommes en uniforme a fait barrage en bas de la route du lycée technique pour interdire l’accès au grand carrefour de l’Indénié, principal point de rassemblement pour Abidjan nord.

A 11H00 GMT, la circulation était pour ainsi dire nulle dans la ville, notamment sur le boulevard Lagunaire qui relie de nombreux quartiers d’Abidjan entre eux et conduit aux deux ponts qui enjambent la lagune.

De nombreux gardiens de nuit qui travaillent dans des immeubles du Plateau n’ont pas pu rentrer chez eux en raison des barrages des forces de l’ordre.

A l’intérieur du Plateau, survolé à intervalles par des hélicoptères et coupé du reste de la ville, seuls pratiquement des véhicules des forces de l’ordre, dont des voitures banalisées, sillonnent le quartier, warnings allumés.

Cocody, le quartier chic de la capitale économique ivoirienne, était également désert et totalement silencieux. Ecoles et magasins sont fermés.

Dans le même quartier, qui tôt jeudi matin a été survolé par un hélicoptère militaire, deux véhicules des forces de l’ordre ont été stationnés pendant quelques temps devant le siège du PDCI et quelques grenades lacrymogènes ont été tirées. En fin de matinée deux Sukoi 25 ont survolé Cocody à très basse altitude.

Une profonde crise politico-militaire déchire la Côte d’Ivoire depuis le lancement en septembre 2002 d’une insurrection armée. Le pays est coupé en deux, le nord étant contrôlé par les ex-rebelles des Forces Nouvelles qui ont également appelé à manifester dans les villes de cette zone jeudi.

Air France annule son vol sur Abidjan

La compagnie aérienne Air France a décidé d’annuler son vol quotidien sur Abidjan au départ de Paris qui devait arriver jeudi soir, a-t-on appris de source aéronautique.
Air France, qui assure un vol quotidien sur la Côte d’Ivoire, avait déjà plusieurs fois été contraint de suspendre des vols sur Abidjan, notamment en janvier 2003, lors de violentes manifestations anti-françaises organisées par des partisans du régime.

Disparition de RFI, BBC Afrique et Africa n°1 sur la FM à Abidjan

Les chaînes de radio RFI, BBC Afrique et Africa n°1 ont disparu jeudi matin de la bande FM à Abidjan, a-t-on constaté.
Aucune explication technique n’a pu être fournie par la société en charge des retransmissions, personne ne pouvant être joint.

Au début de la crise déclenchée par une insurrection politico-militaire en septembre 2002, ces mêmes stations avaient également disparu des ondes pendant plusieurs semaines.

© 2004 AFP.

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