DEPECHE

Pénurie de matériel électoral dans de nombreux bureaux de vote

Le 21 juin 1998, publié sur ufctogo.com

De nombreux habitants de Lomé attendaient toujours de pouvoir prendre part à l’élection présidentielle plus de trois heures après le début officiel de ce scrutin, dimanche. Dans les bureaux de vote où les opérations n’avaient pas encore commencé en milieu de matinée, les esprits commençaient à s’échauffer ; dans les autres, les Togolais votaient dans le calme et la discipline.

Selon une responsable jointe à la Commission administrative (commune de Lomé), une soixantaine de bureaux n’avaient pas ouvert à 10H30 (locales et GMT), faute de matériel électoral, encore en cours d’acheminement. Selon elle, ces retards sont dûs à une pénurie de bulletins d’un des candidats, sans préciser lequel.

Des centaines de personnes, parfois alignées depuis 5H30 le matin, attendaient désespérément dans les quartiers populaires de Bê, Ablogamé, Gbéyeji, Saint-Joseph, Baguida... "On veut voter. On ne partira pas d’ici sans avoir mis notre bulletin dans l’urne, même s’il faut rester jusqu’à 3H00 du matin", s’exclamait une femme, le visage en sueur.

Le général Gnassingbè Eyadéma, au pouvoir depuis plus de 30 ans, brigue un dernier mandat. Cinq autres candidats lui disputent la magistrature suprême. A Kara (nord), fief du président, comme dans plusieurs quartiers de la capitale, les opérations ont débuté dans le calme. (…)

A Lomé, plusieurs Togolais dépourvus de cartes d’électeurs n’ont pu effectuer leur devoir de citoyen, aucune carte n’étant disponible dans les bureaux, contrairement à ce qui avait été annoncé. "Ca va venir", promettaient encore les responsables en milieu de matinée.

Dans le nord, les cartes d’électeurs restantes étaient disponibles dans les bureaux. Dans une école de Lomé, un électeur, dépourvu de carte, a eu la surprise de constater en consultant les listes d’émargement, que quelqu’un avait déjà voté pour lui.

Les retards ont engendré la suspicion de certains électeurs. "Dans les quartiers favorables au général, tout se passe bien. Ici, ils ne nous apportent pas le matériel parce qu’ils savent que nous votons tous pour l’opposition", assurait ainsi l’un d’eux, en brandissant sa carte.

Alors que les urnes contenant tout le matériel électoral, arrivaient enfin dans l’école primaire où des centaines de gens commençaient à s’énerver, des cris s’élevaient : "Y a quoi dedans ? Il faut tout vérifier". Ailleurs, des citoyens proposaient d’aller eux-mêmes chercher les urnes "sur nos têtes s’il le faut".

Le scrutin doit s’achever à 18H00 dans l’intérieur du pays, 19H00 à Lomé. On ignorait en fin de matinée si les autorités allaient ordonner la poursuite du vote au-delà de l’heure prévue pour la fermeture.

Agence France-Presse (AFP), Lomé, Togo

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