DEPECHE

Nelson Mandela dénonce "des abus épouvantables" contre la dignité en Irak

Le 10 mai 2004, publié sur ufctogo.com

LE CAP (Afrique du Sud) - L’ancien président sud-africain Nelson Mandela a dénoncé, lundi devant le Parlement au Cap (sud-ouest), "des abus épouvantables contre la dignité d’êtres humains", en référence aux sévices perpétrés par des soldats de la coalition contre des prisonniers en Irak.

"Alors que deux grandes démocraties, deux grandes nations du monde libre, sont impliquées dans une guerre que les Nations unies n’ont pas approuvée, nous assistons avec horreur à la publication d’informations sur des abus épouvantables contre la dignité d’êtres humains prisonniers par des forces d’invasion dans leur propre pays", a déclaré M. Mandela.

"Nous voyons comment des pays puissants - tous des soi-disantes démocraties - manipulent des organisations multilatérales (...) au prix des souffrances des pays en développement les plus pauvres", a ajouté le Prix Nobel de la Paix.

M. Mandela, 85 ans, retiré de la vie politique depuis 1999, s’exprimait devant le Parlement pour un discours exceptionnel, dix ans jour pour jour après avoir prêté serment, à Pretoria, comme premier président noir de l’Afrique du Sud.

Le magazine New Yorker a publié dimanche une nouvelle photo sur les sévices infligés à des détenus irakiens, montrant un homme nu terrorisé par deux chiens tenus en laisse par des soldats américains.

Le gouvernement sud-africain avait mené une énergique campagne diplomatique contre l’invasion américano-britannique de l’Irak. Par contraste, l’ancien prisonnier politique le plus célèbre du monde a mis en avant l’expérience sud-africaine. "Dans un monde cynique, nous sommes devenus une inspiration pour beaucoup de gens", a-t-il souligné.

"Evitons toute forme d’auto-satisfaction chauvine, mais ne sous-estimons pas non plus ce que nous avons réalisé en mettant en place une démocratie stable et progressiste", a-t-il ajouté.

Mais l’artisan-clé de la réconciliation sud-africaine, qui avait été acclamé à son arrivée dans l’enceinte du parlement accompagné de sa femme Graca Machel, a également souligné les lourds défis auxquels son pays doit toujours faire face.

"Notre démocratie doit bénéficier à tous de manière concrète, particulièrement à ceux qui sont pauvres, vulnérables ou marginalisés", a-t-il déclaré, soulignant que le VIH/sida faisait "toujours peser une menace particulièrement effrayante" sur l’avenir.

"Dieu bénisse l’Afrique du Sud", a-t-il conclu, successivement dans six langues différentes, tandis que tous les députés, debout, entamaient un chant.

Son prédécesseur, Frederik de Klerk, dernier président blanc de l’Afrique du Sud et qui avait ordonné sa remise en liberté en 1990, s’est également exprimé devant le Parlement.

"Je salue tous ceux qui ont contribué à bâtir les fondations de ces dix premières années. Ensemble, nous avons fait ce qu’il fallait faire", a-t-il déclaré. L’entourage de M. Mandela a récemment fait part de l’intention de l’ancien président de prendre un peu plus de recul, sans toutefois prendre une retraite complète.

Le président, qui a multiplié récemment les déplacements pour promouvoir la candidature de l’Afrique du Sud à l’organisation de la Coupe du Monde de football 2010, a fait savoir qu’il avait l’intention de consacrer plus de temps à peaufiner le deuxième tome de ses Mémoires, "Un long chemin vers la liberté".


© AFP.

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