DEPECHE

Manifestation violente devant une base militaire française à Abidjan

Le 1er décembre 2003, publié sur ufctogo.com

ABIDJAN, 1er déc (AFP) - 16h21 - Les manifestants se relaient pour lancer des pierres en direction du camp militaire français, à la périphérie d’Abidjan et interdisent à tous les véhicules conduits par des blancs de passer devant le 43ème BIMa, le Bataillon d’infanterie de marine.

Au lendemain des incidents qui ont opposé ce week-end soldats ivoiriens et français dans le centre du pays, plusieurs centaines de jeunes manifestent lundi matin avec virulence devant la base militaire française de la capitale ivoirienne, a constaté un journaliste de l’AFP.

"Ils ne veulent pas voir les Blancs, même pas les Libanais ; il faut prendre une autre route", explique un jeune homme en sueur en arrêtant les voitures se dirigeant vers le camp français, sur le large boulevard Valéry Giscard d’Estaing (VGE) qui traverse Abidjan.

Une rue derrière ce boulevard, tout est calme. Les habitants vaquent à leurs occupations comme si de rien n’était et les écoliers sortant de l’école vont voir avec curiosité ce qui se passe devant le BIMa.

Mais à peine débouché sur le boulevard, l’agressivité des "jeunes patriotes" est omniprésente : "Français partez ! On ne veut pas de vous ici !".

"Vous êtes tous des espions...", lance un autre, tandis qu’un jeune homme, un rictus de colère sur le visage, frappe la voiture avec une pierre à plusieurs reprises.

Un peu à l’écart, d’autres Ivoiriens ne cachent pas leur peur pour les passants blancs : "Ce sont des fous, des chiens, ils vous vous tuer", affirme un homme d’une quarantaine d’années, qui conseille aux journalistes de partir au plus vite.

Selon le consulat de France, une ressortissante espagnole prise pour une Française a été "prise à partie" par la foule en fin de matinée.

Quelques membres des forces de l’ordre ivoiriennes étaient présents en face du BIMa au début de la manifestation et sont brièvement intervenus pour tenter de repousser les manifestants, avant de prendre position à l’écart de l’attroupement.

Pendant ce temps, alors qu’une fumée noire s’élève devant la grille principale du BIMa, des grenades lacrymogènes explosent de nouveau, répandant une fumée âcre. Plus tard, un témoin affirme à l’AFP que les soldats français ont également utilisé des grenades assourdissantes.

Selon plusieurs témoins, quelque 300 à 400 jeunes ont d’abord allumé un incendie devant le portail avant d’être repoussés à l’aide de grenades lacrymogènes par des gendarmes mobiles français déployés à l’intérieur du camp.

Après l’intervention de pompiers pour éteindre les flammes, les militaires français sont brièvement sortis pour disposer des barbelés devant le portail du BIMa avant de se replier.

Cette nouvelle flambée de colère anti-française - alors qu’un décret présidentiel interdit théoriquement toute manifestation de rue jusqu’en janvier 2004 - intervient après des heurts samedi soir entre des éléments de l’armée ivoirienne et les forces françaises de l’Opération Licorne près de M’Bahiakro (centre).

Les soldats ivoiriens, accompagnés de 100 à 200 "jeunes patriotes", partisans du président Laurent Gbagbo, ont tenté de franchir la "zone de confiance" démilitarisée en direction de Bouaké, le quartier général des ex-rebelles qui contrôlent la moitié nord du pays.

Puis dimanche, des militaires ivoiriens dont on ignore la représentativité, en treillis et en armes, ont interrompu les émissions de la radio et de la télévision nationales en réclamant dans les 48 heures la démission de leurs chefs et le retrait des militaires français déployés pour contrôler le cessez-le-feu.

AFP

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