DEPECHE

Manifestation d’opposants africains à l’ouverture du sommet francophone

Le 3 septembre 1999, publié sur ufctogo.com

MONCTON (Canada), 3 sept (AFP) -

Plusieurs dizaines d’opposants africains portant des pancartes et criant "assassin" accueillaient vendredi certains des dirigeants africains arrivant à la cérémonie d’ouverture du sommet de la Francophonie à Moncton (Nouveau-Brunswick), a constaté l’AFP.

Ce sommet s’est ouvert vendredi à 09h30 (12h30 GMT) sur le campus de l’université de Moncton, dont les accès étaient très étroitement surveillés par des membres des services de sécurité canadiens.
Les manifestants brandissaient notamment des portraits de Pierre Buyoya, le chef d’Etat du Burundi, petit pays africain voisin du Rwanda où une sanglante guerre civile continue à opposer les membres des ethnies tutsie et hutue.

Ils portaient également des banderoles sur lesquelles on lisait : "Pierre Buyoya, assassin, coupable de génocide, 15.000 morts" et scandaient à intervalles réguliers accompagnés d’un tambour : "Buyoya assassin, (le président français Jacques) Chirac complice", "Kagamé (l’homme fort du Rwanda) assassin, Jean Chrétien (le Premier ministre canadien) complice".

Les participants au rassemblement ont également scandé à de nombreuses reprises : "Kagamé assassin, génocidaire".

Paul Kagamé est l’artisan de la victoire militaire des tutsis et des hutus modérés sur la majorité hutue au Rwanda, à la suite du génocide pérpétré contre la minorité tutsie dans ce pays, qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts en 1994.

Installés sur une pelouse faisant face au Centre de conférence où a lieu l’ouverture du sommet, les manifestants étaient séparés des chefs d’Etat et de gouvernement arrivant en voiture par une clôture et étaient surveillés à distance par des agents de la police canadienne à pied ou à vélo.

Le Burundi est représenté au sommet par son vice-président Frédéric Bamvuginyumvira, le Rwanda par son Premier ministre Célestin Rwigema, et la République démocratique du Congo (RDC) par son président, Laurent-Désiré Kabila.

L’un des participants à la manifestation, Isaac Bisimana, 37 ans, originaire du Burundi, a indiqué à l’AFP que les manifestants appartenaient aux communautés burundaise, rwandaise et de RDCongo du Canada.

Il a précisé que ce rassemblement avait reçu "toutes les autorisations nécessaires de la part des autorités canadiennes" et que les manifestants resteraient sur place "toute la journée". "Nous sommes indignés que des chefs d’Etat coupables de crimes contre l’humanité soit invités ici et reçus avec le tapis rouge", a-t-il dit. Prié de dire s’il était lui-même d’origine hutue ou tutsie, M. Bisimina a répondu : "Cela n’a pas d’importance, ici il y a des Hutus et des Tutsis. Nous sommes juste opposés à des régimes dictatoriaux et génocidaires. Moi-même, je ne peux pas rentrer chez moi".

Les manifestants, dont les slogans étaient parfaitement audibles sur le canal de la télévision du sommet diffusant les arrivées des chefs d’Etat, ont redoublé à l’arrivée du général-président du Togo, Gnassingbe Eyadema. M. Eyadema a été récemment accusé par Amnesty International de graves violations des droits de l’Homme dans son pays à l’occasion des dernières élections présidentielles qui l’ont maintenu au pouvoir. L’organisation humanitaire internationale a affirmé dans un rapport que des cadavres d’opposants avaient été retrouvés en mer au large du Togo, mais les autorités togolaises ont fermement récusé ces accusations.

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