DEPECHE

Les partisans d’Olympio tiennent le haut du pavé à Lomé

Le 29 mai 2003, publié sur ufctogo.com

Les militants et sympathisants de l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio, qui soutiennent la candidature de Emmanuel Bob Akitani du Parti des forces du Changement (PFC) à la présidentielle togolaise de dimanche, tiennent le haut du pavé à Lomé où ce jeudi encore ils ont fait une véritable démonstration de force, a constaté l’un des envoyés
spéciaux de la PANA.

Avec un carnaval coloré dans de nombreuses rues de la capitale, gymkhana endiablé effectué par plusieurs centaines de "zémidjan" (taxis-motos) tous revêtus de tee-shirts jaunes frappés du
"détia" vert (palmier), l’emblème du parti de M. Olympio, les "forces du changement" auront réussi leur pari : faire la preuve que Lomé leur est acquise.

En dépit de quelques échauffourées enregistrées aux environs de 18 heures (locales et GMT) à la fin d’un meeting organisé sur le "boulevard circulaire" où, selon des sources dignes de foi, des
militants du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir) ont tenté, en vain, de disperser la foule à coups de pierre, faisant même usage de gaz lacrymogène, rien n’est venu perturber le scénario mis en place par le staff de campagne de M. Akitani qui avait visiblement à coeur de faire la démonstration de son audience dans la capitale togolaise.

Parmi les sujets les plus débattus dans les différents meetings éclatés qui ont suivi la procession, celui du retrait des cartes électorales qui est actuellement au coeur de toutes les conversations est revenu invariablement, occasionnant parfois des interventions à la limite de l’hystérie.

Beaucoup d’orateurs ont crié leur colère, prêtant aux autoritéstogolaises l’intention délibérée de faire de la rétention dans la distribution des cartes d’électeurs afin, assurent-ils, de priver l’opposition de plusieurs milliers de voix susceptibles de faire la différence au soir du 1er juin au profit de leur candidat qui, à leur avis, devrait s’imposer dans "tous les cas de figure".

La veille déjà, dans l’enceinte de la mairie de Lomé, l’envoyé spécial de la PANA a vu plusieurs centaines de jeunes "détia" rester stoïquement sous la pluie des heures durant pour réclamer, en vain, leurs cartes à des agents désemparés qui ne savaient plus quoi leur répondre.

Tout comme le RPT, le parti du président sortant, le Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyivo, la Convergence patriotique panafricaine (CPP) de l’ancien Premier ministre Edem Kodjo et le Pacte socialiste pour le renouveau (PSR) de Dahuku Péré, transfuge du RPT, semblent s’être inscrits aux abonnés absents à Lomé où l’on peut à peine voir, à la notable exception de celles d’Eyadéma, omniprésentes, ce qui ressemble à des affiches.

Mais tenir le haut du pavé dans les rues de la capitale togolaise, où l’on a tout de même du mal à sentir un véritable engouement populaire pour l’élection présidentielle, n’est pas pour autant le signe patent d’une victoire annoncée.

Surtout lorqu’on sait, comme le reconnaît le Pr Léopold Gnininvi, ex-candidat de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) qui s’est finalement désisté en faveur de M. Akitani, que les manifestants de campagne d’un jour ne sont pas forcément les électeurs de demain.

Par Moriba Magassouba - Envoyé spécial de la PANA

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