DEPECHE

Les jeunes de Lomé veulent prendre les armes contre le régime

Le 17 février 2005, publié sur ufctogo.com

LOME (AP) — Confrontés à un régime répressif au pouvoir depuis 38 ans et qui tente de se perpétuer sur un mode dynastique, beaucoup de jeunes de Lomé, à bout de patience, ne voient plus qu’une seule issue : se procurer des armes et en découdre.
Les jeunes de la capitale togolaise estiment que la violence est désormais le seul moyen de se faire tomber la tyrannie des Gnassingbé, qui fait régner un climat de peur et d’intimidation sur le pays. Ils ont constitué le gros des manifestants descendus dans la rue ces derniers jours pour protester contre l’installation au pouvoir de Faure Gnassingbé, fils du défunt président Gnassingbé Eyadéma.
Ils sont peu nombreux à appartenir à des groupes de l’opposition. Mais ils semblent tous animés par la même amertume et la même haine à l’encontre de leur gouvernement. Affectés par la situation économique du pays, ils expliquent qu’il leur est très difficile de trouver du travail après leurs études. La plupart entament leur vie d’adulte sans emploi et en vivant chez leurs parents, qui n’ont pas connu un sort beaucoup plus enviable.
Lors des manifestations du week-end, des foules de jeunes ont jeté des pierres sur la police et mis le feu à des voiture. Ils ont supplié les journalistes de les aider à obtenir des armes et demandé que les Etats-Unis envoient des troupes. « Dites à Georges Bush de nous envoyer des armes », ont-ils crié. « Nous savons tirer et nous sommes prêts à mourir. »

L’opposition, qui estime que les forces de sécurité ont tué une dizaine de personnes durant les manifestations -le gouvernement n’a confirmé que quatre morts-, assure que la résistance pacifique est le seule voie possible.
Reste que les jeunes ont la volonté d’en découdre. « Les gens meurent ici », déclare un habitant de 22 ans du quartier de Bé, un bastion de l’opposition qui, comme les autres jeunes interrogés, refuse de révéler son identité par crainte de représailles. « Nous sommes tous prêts à nous porter volontaires. Nous avons simplement besoin d’armes et d’un entraînement adéquat. »

Bob Akitani, vice-président du plus grand parti d’opposition, l’Union des forces du changement, déplore que les jeunes veuillent recourir à la violence. « On peut comprendre pourquoi, ils veulent des armes », souligne-t-il. « Mais nous leur disons d’être patients et d’attendre des solutions pacifiques. »
Beaucoup de jeunes estiment pourtant que de simples manifestations ne changeront pas les choses. « Nous devons nous défendre », souligne une étudiante de 22 ans sur le campus de l’université de Lomé. « La communauté internationale doit nous donner des armes. Faire grève et manifester ne sert à rien. Nous avons besoin d’armes pour combattre correctement le gouvernement. »
En tout cas, les jeunes de Lomé ne peuvent compter sur les médias togolais pour relayer leurs revendications. Dans un communiqué publié mercredi, Reporters sans frontières (RSF) dénonce « la vague de censure qui frappe les radios et télévisions privées du Togo depuis la prise du pouvoir par Faure Gnassingbé, (et) les procédés autoritaires et hypocrites des autorités pour parvenir à faire taire les voix discordantes. »
Depuis la mort de Gnassingbé Eyadéma, « sept radios et deux chaînes de télévision privées ont été fermées sous des prétextes changeants », souligne RSF qui précise qu’au total une soixantaine de radios et télévisions togolaises pourraient subir le même sort.

AP

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