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Les droits de l’homme, poil à gratter du sommet francophone

Le 2 septembre 1999, publié sur ufctogo.com

Les droits de l’homme en invité surprise du sommet de la francophonie ? Le grand raout qui réunira plus d’une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement à Moncton (Nouveau-Brunswick) du 3 au 5 septembre ne devrait pas y échapper tant les pressions s’intensifient autour de cet événement d’ordinaire ronronnant.

On se souvient que lors du dernier sommet de Hanoï en 1997, un désaccord était intervenu entre Jacques Chirac et le Premier ministre canadien, Jean Chrétien. Ce dernier avait jugé ``envisageable’’ que le cénacle francophone puisse prendre des sanctions, comme le Commonwealth l’avait fait jadis en excluant une Afrique du Sud coupable d’apartheid.

Mais M. Chirac était alors promptement intervenu pour assurer que la France n’était ``pas du tout disposée à accepter que la francophonie serve de support à ce genre d’action’’. En matière de violations des droits de l’homme ou de démocratie bafouée, ``nous préférons, après avoir énoncé les faits (aux pays concernés), les corriger et aider ces pays à progresser’’, souligne Catherine Colonna, porte-parole de l’Elysée.

Il s’agit d’une approche similaire à celle du secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Boutros Boutros-Ghali, qui rejette l’idée d’un Commonwealth à la française chère à M. Chrétien. Il a cependant fait valoir qur l’OIF avait déjà obtenu un résultat en condamnant le coup d’Etat d’avril dernier au Niger, arrêtant pratiquement l’assistance technique à ce pays. ``On l’a fait d’une façon discrète au lieu de claironner que nous allions punir le Niger’, a souligné M. Boutros-Ghali. ``Terrorisme à caractère politique’, ``agressions’’, ``tensions ethniques’, ``enlèvements’ : ce sont pourtant là quelques gros mots que le ministère canadien des Affaires étrangères utilise souvent pour dissuader ses compatriotes d’aller dans des pays francophones tels que le Burundi ou le Congo-Brazzaville.

Alors que Moncton abritera également un contre-sommet des organisations non gouvernementales, Ottawa a été critiqué pour avoir laissé entrer sur son sol des délégations venues du Rwanda, du Togo ou du Congo-Kinshasa. En matière de droits de l’homme, Amnesty International a en ligne de mire pas moins de 32 pays de l’espace francophone.

Pour Anne Sainte-Marie, porte-parole d’Amnistie internationale, la section québécoise de l’organisation de défense des droits de l’homme, le Canada a pourtant toute latitude judiciaire ``pour ouvrir une enquête et voir si, parmi les délégations, il y a des personnes pouvant être responsables de crimes contre l’humanité’.

Avec une prudence toute diplomatique, le gouvernement canadien -qui a fortement soutenu l’an passé la création de la Cour pénale internationale- répond qu’il abordera la question de la violation des droits de l’homme lors d’entretiens bilatéraux, sans garantir aucune action ultérieure.

Par Matthieu Wintrebert MONCTON, Canada (AP)

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