DEPECHE

Les Etats africains menacent le Togo de sanctions

Le 10 février 2005, publié sur ufctogo.com

Le tout nouveau président togolais, Faure Gnassingbé, fils du défunt chef de l’Etat Gnassingbé Eyadéma, auquel l’armée a "confié" le pouvoir au mépris de la Constitution, a prononcé sa première adresse à la nation, mercredi 9 février. Dans ce texte, retransmis par la radio et la télévision, il a annoncé aux Togolais qu’il avait demandé au gouvernement de "poursuivre le dialogue politique avec l’opposition dans un esprit nouveau".

Il a également affirmé que les "engagements" souscrits par son pays il y a un peu moins d’un an auprès de l’Union européenne (UE) demeurent la "ligne de conduite fondamentale". Le chef de l’Etat a souhaité la tenue "le plus tôt possible" d’élections "libres et transparentes".

Les engagements évoqués par le nouveau président prévoient des élections législatives en 2005, mais il n’est pas question d’élection présidentielle puisque la réforme de la Constitution, avalisée par le Parlement au cours du week-end dernier, stipule que Faure Gnassingbé terminera le mandat de son père, lequel court jusqu’en 2008. Le ministre de la communication, Pitang Tchalla, l’un des piliers du nouveau régime, a précisé que l’"étape des législatives" sera maintenue mais, a-t-il ajouté, "encore faut-il que l’on trouve un consensus" avec l’opposition.

Pour l’heure, celle-ci campe sur ses positions. Consciente de ses limites en terme de mobilisation de la population, comme l’a montré le faible écho des deux journées "Togo, pays mort"de mardi et mercredi, l’opposition traditionnelle joue la carte du chantage à la participation au dialogue.

RÉUNION D’URGENCE

Les deux principaux partis d’opposition, le Comité pour le renouveau (CAR) et l’Union des forces du changement (UFC) continuent de dénoncer le "coup d’Etat"qui a abouti à l’accession de Faure Gnassingbé au pouvoir.

Pour le secrétaire général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre, "il faut retourner à la légalité constitutionnelle". "Si le président avait été de bonne foi, il aurait précisé de quelle élection il s’agit. S’il fait un coup d’Etat et que, derrière, il fait la présidentielle, pourquoi pas ? Mais nous n’avons pas confiance en eux", a-t-il indiqué.

Les Togolais, de leur côté, restent indifférents, répétant à l’envi que, pour eux, la priorité, c’est la paix. "Il y a un problème de mobilisation de la population, à cause, notamment, de la répression du début des années 1990. La misère, aussi, est là. Les familles ne font plus qu’un repas par jour. Mobiliser est difficile", explique le secrétaire général de la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH), Ayayi Apedo-Amah.

Quant à l’isolement international du Togo (suspendu, mercredi, de l’Organisation internationale de la francophonie), il s’aggrave. Réunis d’urgence, mercredi, à Niamey, au Niger, les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont condamné "l’intervention des militaires -qui- constitue un coup d’Etat".

Ils ont également réaffirmé "le principe de non-reconnaissance de tout gouvernement ayant accédé au pouvoir par des voies anticonstitutionnelles". Une délégation de chefs d’Etat représentant la Cedeao et l’Union africaine (UA) devait se rendre, jeudi, à Lomé pour réclamer le retour aux règles constitutionnelles. En cas d’échec, si l’on suit les règles de la Cedeao, des sanctions devraient être imposées au Togo.

"Ce n’est pas un coup d’Etat qui a porté Faure Gnassingbé au pouvoir. C’est l’urgence de la situation. On ne pouvait pas laisser le Togo sombrer dans le chaos comme certains de nos voisins", a, de son côté, plaidé le ministre togolais de la communication, en référence à la Côte d’Ivoire.

Alexandre Jacquens

© Le Monde 2004

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