DEPECHE

Le régime togolais de plus en plus isolé

Le 20 février 2005, publié sur ufctogo.com

LOME - Le régime togolais, sous le coup de sanctions adoptées samedi par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), est de plus en plus isolé, alors que les appels à la démission du nouveau président Faure Gnassingbé se multiplient au sein de la communauté internationale.

Jugeant insuffisante l’annonce faite la veille par Gnassingbé de la tenue d’un scrutin présidentiel dans les 60 jours, la Cedeao a suspendu samedi le Togo de son organisation, interdit les voyages des dirigeants togolais et imposé un embargo sur les ventes d’armes à Lomé.

Ces sanctions constituent une riposte à la décision de l’armée togolaise de nommer à la tête de l’Etat l’un des fils du défunt président Gnassingbé Eyadéma.

"La décision de Faure Gnassingbé place le Togo dans une situation d’isolement vis-à-vis de la communauté internationale", a prévenu dimanche Louis Michel, commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire.

L’Union européenne, qui n’a pas pour l’heure annoncé son intention de sanctionner à nouveau le Togo, avait déjà suspendu ses aides à Lomé en 1993 en raison d’un "déficit démocratique".

Le porte-parole du département d’Etat américain, Richard Boucher, a déclaré que Washington soutenait la décision de la Cedeao et le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a appelé à trouver d’urgence une solution à la crise dans le respect de la constitution du pays.

LA FRANCE SOUTIENT LA CEDEAO

La France a elle aussi apporté dimanche son "soutien total à l’action conduite par (la Cedeao) pour obtenir le retour à la pleine légalité constitutionnelle".

"Nous notons positivement la déclaration de M. Faure Gnassingbé annonçant des élections présidentielles dans un délai de 60 jours", ajoute le communiqué du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hervé Ladsous, qui regrette toutefois "qu’il n’ait pas été possible d’apporter une solution, dans le plein respect de la Constitution, à la question de la dévolution du pouvoir présidentiel intérimaire".

Les autorités togolaises ont réagi prudemment dimanche à ces déclarations. Le ministre togolais de la Communication, Pitang Tchalla, a affirmé que le pouvoir n’aimait pas prendre de décisions hâtives mais qu’il réagirait, soit avec une déclaration, soit en prenant directement des mesures.

"Pour le moment, nous y réfléchissons", a-t-il ajouté.

Gnassingbé est également sous la pression de l’opposition togolaise, dont la manifestation a réuni plus de 10.000 personnes samedi dans les rues de la capitale.

Le principal leader de l’opposition, Gilchrist Olympio, s’est félicité dimanche des déclarations de la communauté internationale.

"Il semble que les choses aillent dans le bon sens mais nous n’abandonnons pas", a-t-il dit à Reuters de Paris, où il vit en exil depuis une tentative d’assassinat en 1992.

"Nous allons continuer à manifester (...) jusqu’à ce que le fils Gnassingbé quitte le pouvoir. Personne n’accepte des élections organisées par Gnassingbé. Tout le monde l’exclut", a-t-il ajouté dans un entretien accordé en anglais.

L’armée togolaise a nommé Faure Gnassingbé à la présidence dans les heures ayant suivi le décès de son père, Gnassingbé Eyadéma, le 5 février. Le code électoral et la constitution ont ensuite été modifiés à la hâte pour permettre au nouveau dirigeant de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2008, terme du mandat présidentiel qu’accomplissait son père.

En cas de vacance du pouvoir, la loi fondamentale initiale du pays stipulait que l’intérim devait être assuré par le président de l’Assemblée nationale et qu’une élection présidentielle anticipée devait se tenir dans les 60 jours.

Cette succession a été qualifiée de "coup d’Etat" par plusieurs pays africains, dont le Nigeria, président en exercice de l’Union africaine, qui a même brandi la menace d’une intervention militaire au Togo.

Reuters

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