DEPECHE

Le nombre des très pauvres diminue, sauf en Afrique sub-saharienne

Le 24 avril 2004, publié sur ufctogo.com

WASHINGTON (AFP) - Le nombre des personnes très pauvres, c’est-à-dire vivant avec moins d’un dollar par jour, a diminué dans le monde sauf en Afrique sub-saharienne où elles ont pratiquement doublé depuis 1981, indique un rapport de la Banque mondiale publié vendredi.


Dans l’ensemble des pays en développement, 1,1 milliard de personnes sont très pauvres contre 1,5 milliard en 1981, selon le rapport 2004 sur les indicateurs de développement dans le monde.


Le rapport note les progrès spectaculaires en Chine, où le Produit intérieur brut (PIB) par habitant a été multiplié par cinq depuis 1981, permettant de sortir quelque 400 millions de personnes de la pauvreté absolue. Les très pauvres représentent aujourd’hui 17% de la population.


En Asie du Sud, le boum économique de ces deux dernières décennies a entraîné un accroissement annuel du PIB de 5,5% avec, pour conséquence, une réduction du taux de pauvreté absolu de 41% en 1990 à 31% en 2001.


A l’inverse, en Afrique sub-saharienne "une contraction du PIB par habitant de l’ordre de 15% a fait que le nombre de personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour a pratiquement doublé passant de 164 à 314 millions, soit une augmentation de 42 à 47% de la population de la région", note la Banque mondiale.


Cette région n’arrivera donc pas à atteindre l’objectif du Millénaire de réduire de moitié d’ici 2015 son taux de pauvreté de 1990 alors que les autres partie du monde devraient y parvenir, selon la Banque mondiale.


"La croissance économique est le moteur de la réduction de la pauvreté", a souligné François Bourguignon, économiste en chef de la Banque mondiale, en présentant le rapport.


En Europe orientale et en Asie centrale, le taux de population vivant dans la pauvreté absolue, pratiquement nul en 1981, est passé à 6% en 1999. Toutefois depuis lors, on assiste à un déclin de ce taux de pauvreté, avec la lente émergence des économies de ces régions sorties des régimes totalitaires.


En Amérique latine et dans les Caraïbes, où la croissance économique a été très lente dans les années 1990, la pauvreté n’a été réduite que de façon marginale.


Mais la croissance économique seule n’est pas la panacée pour venir à bout de la pauvreté, selon la Banque.


Les remèdes passent, selon M. Bourguignon, par les réformes économiques, l’ouverture des marchés, la concurrence, l’investissement privé et l’aide au développement.


Comme l’an dernier, la Banque mondiale a réitéré son appel aux pays riches pour qu’ils suppriment les subventions de plus de 300 milliards de dollars accordés chaque année à leurs agriculteurs. "Cela pourrait sortir plus de 100 millions de personnes de la pauvreté", a-t-elle rappelé.


Si 70% des pauvres vivent essentiellement de l’exploitation de la terre, les deux tiers du commerce des produits agricoles proviennent des pays riches de l’OCDE, dénonce le rapport.


S’ajoute à cela l’impact catastrophique de la pandémie de sida en Afrique. Sur les 60 millions de personnes atteintes du virus VIH dans le monde, 70% vivent en Afrique sub-saharienne où l’espérance de vie est passée de 48 ans en 1980 à 46 ans en 2002.


Enfin, même si les pays nantis ont augmenté leur aide au développement - en 2002 les 22 pays de l’OCDE y ont consacré 0,59% de leurs dépenses publiques - les sommes dégagées restent bien en-deçà des 11% attribués à la défense.


Mais le rapport dénonce aussi l’attitude des pays à faibles revenus qui dépensent même encore plus que les riches pour leurs armées, soit 12,3% des dépenses publiques en 1999.


© 2004 AFP

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