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Le Togo, un pays "tétanisé" par 37 ans de dictature, selon la FIDH

Le 9 juin 2004, publié sur ufctogo.com

PARIS, 9 juin (AFP) - 18h51 - La Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH) a dénoncé mercredi "l’arbitraire comme norme et 37 ans de dictature au Togo", à l’occasion de la présentation à la presse d’un rapport sur ce pays.

"Ce pays est tétanisé", commente le rapport, qui dénonce "la torture systématique dans les commissariats en toute impunité, la justice aux ordres du pouvoir, les prisons surpeuplées et les élections tronquées".

"La violence, dit le rapport, est omniprésente, érigée en véritable système de gouvernement."

La mission sur place de la FIDH a eu lieu en février dernier, quelques semaines avant la signature à Bruxelles d’un accord sur les droits de l’Homme et la démocratie, entre le Togo et l’Union européenne (UE).

Cet accord conclu le 14 avril comprend 22 points, que les autorités togolaises se sont engagées à appliquer d’ici douze mois. Il vise notamment à garantir le libre exercice des partis d’opposition, "l’absence d’exécution extra-judiciaires", la "poursuite d’auteurs d’actes de torture", "l’organisation d’élections transparentes", la "libération des prisonniers politiques" ou la "réforme du code de la presse".

"Le pouvoir a la volonté de tout contrôler et il est difficile d’obtenir des témoignages", a indiqué Benoît van der Meerschen, membre de la délégation qui s’est rendue dans ce pays.

"Il y a une belle façade, un ministre pour la promotion de la démocratie et une commission nationale des droits de l’Homme, mais après les avoir rencontrés je ne sais toujours pas ce qu’ils font. Il faut espérer que l’Union européenne ne se contentera pas de mesures paillettes", a-t-il poursuivi.

Les trois membres de la mission de la FIDH ont aussi rencontré les ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Communication, le président de l’Assemblée nationale, des députés et des chefs des partis d’opposition. Ils ont également visité la prison centrale de Lomé.

La conférence de presse de la FIDH s’est déroulée en présence de l’ambassadeur du Togo à Paris, qui avait demandé à y participer, et de "journalistes mandatés par le gouvernement togolais", selon la FIDH.

"Cela arrive que le gouvernement envoie une armada de journalistes pour intervenir à l’occasion de tels événements, a confié le président de la Ligue togolaise des droits de l’Homme, Adoté Ghandi Akwei. Nous appelons ça une contre-manif."

L’UE a cessé toute coopération économique avec le Togo depuis 1993, en raison de la mauvaise situation des droits de l’Homme dans ce pays.

AFP

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