DEPECHE

Le G7 semble sourd aux appels de Mandela pour aider l’Afrique

Le 5 février 2005, publié sur ufctogo.com

Les pays les plus riches du monde semblaient une nouvelle fois incapables samedi de se mettre d’accord sur le meilleur moyen de venir en aide aux pays les plus pauvres, après de longues heures de tractation et malgré un appel pressant de Nelson Mandela.

Les ministres des finances des sept pays les plus industrialisés (G7) ont consacré "80% de leur dîner au développement" et à l’Afrique vendredi soir, a confié samedi matin le ministre italien des Finances Domenico Siniscalco, avant de se rendre à une nouvelle séance de travail.

Incapables de s’entendre, ils se sont séparés vers 22H30 GMT vendredi pour laisser leurs adjoints poursuivre les négociations. A 01H30 GMT, eux aussi sont allés se coucher sans que l’on ait progressé, a rapporté une source européenne.

Avant le dîner, l’ancien président sud-africain, Nelson Mandela avait exhorté des ministres, assis sagement en demi-cercle devant lui à ne plus attendre "alors que les pauvres continuent de souffrir". Il a appuyé de tout son poids moral le plan de Gordon Brown, le ministre des Finances britannique, qui a proposé un "Plan Marshall" pour l’Afrique. Il doit permettre au continent de décoller enfin économiquement et socialement, à l’instar de ce qui c’était passé après 1945 pour une Europe ravagée par la guerre.

Peut-être aiguillonés par M. Mandela qui a appelé à "l’action sur tous les fronts", les ministres ont remis la question sur le tapis samedi matin après un petit déjeuner avec les grands argentiers de plusieurs grands pays émergents (Chine, Inde, Afrique du Sud, Brésil). Les autres sujets —état de l’économie mondiale, changes, etc— discuté en séance plénière semblaient faire l’objet d’un consensus samedi matin.

M. Brown propose des annulations de dettes et un doublement de l’aide au développement, de 50 à 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2015. Ce doublement de l’aide se ferait par le biais d’un nouvel instrument, dit "Facilité financière internationale (IFF)", par lequel les pays riches garantiraient des emprunts des pays pauvres.

Ce mécanisme est appuyé par les pays européens, mais rejeté par les Etats-Unis qui, selon le secrétaire d’Etat allemand aux Finances Caio Koch-Weser, sont "dans un état d’esprit différent". Les Américains estiment que cet instrument leur pose des problèmes juridiques, et avancent leurs propres propositions : des allègements de 100% de la dette des pays pauvres très endettés, pour l’essentiel des pays africains.

L’annulation de la dette devrait aux yeux des Américains s’accompagner de l’octroi de dons sur une période de 5 à 10 ans et de mécanismes destinés à mesurer leur efficacité sur le terrain. John Taylor, secrétaire adjoint au Trésor chargé des questions internationales, qui remplace John Snow souffrant, estime que le système d’aide à l’américaine fonctionne. "Les Etats-Unis ont augmenté leur aide au développement de manière spectaculaire", a affirmé M. Taylor, passant de 10 à 19 milliards de dollars depuis 2000 et celle en faveur de l’afrique de 1,1 à 4,6 milliards. En cas de persistance du blocage, la France et l’Allemagne n’excluent pas une initiative séparée, alliant l’IFF de Gordon Brown et l’idée de taxe internationale du président français Jacques Chirac, selon une source européenne.

Leurs espoirs douchés à de nombreuses reprises, les organisations non gouvernementales (ONG) qui militent pour une annulation de la dette des pays les plus pauvres ont prévenu qu’une énième réunion sans résultat serait inexcusable. "Le temps des discours, de la rhétorique et des retards est révolu. Nous jugerons notre gouvernement et le reste du G7 sur leur engagement à soutenir une annulation de 100% de la dette multilatérale de toutes les nations pauvres, sans conditions dévastatrices", a déclaré Jubilee USA, une ONG américaine.

AFP

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