DEPECHE

Le Conseil de paix de l’UA discute d’éventuelles sanctions contre le Togo

Le 25 février 2005, publié sur ufctogo.com

Une réunion du Conseil de paix et sécurité de l’Union africaine (UA) a débuté vendredi à Addis Abeba pour décider d’éventuelles sanctions contre le Togo après l’accession controversée au pouvoir du président investi Faure Gnassingbé, a constaté une journaliste de l’AFP.

Cette réunion à huis-clos au niveau des ambassadeurs a débuté peu après 15h30 (12h30 GMT) en l’absence de l’ambassadeur du Togo, dont le pays est membre du Conseil. Elle devrait durer plusieurs heures.

Il a été prié de quitter la salle en raison de la suspension de son pays des activités de l’UA depuis la prise de pouvoir par M. Gnassingbé.

"Nous n’avons reçu aucune notification comme quoi nous avons été suspendus de l’organisation", a déclaré à l’AFP l’ambassadeur Koffi Esaw.

"Ils m’ont demandé de quitter la salle parce que nous sommes supendus mais le président (de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré) m’a dit qu’ils auraient éventuellement besoin de moi au cours des débats", a-t-il ajouté.

Le Conseil de paix et sécurité de l’UA est l’équivalent africain du Conseil de sécurité de l’Onu.

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a déjà imposé le 19 février des sanctions au Togo, dont sa suspension de cette organisation régionale et un embargo sur les armes. L’Union européenne (UE) a évoqué mercredi la possibilité de "prendre des mesures" contre Lomé.

"On veut appuyer la décision de la CEDEA0, l’étendre à l’ensemble des pays membres et demander l’appui du Conseil de sécurité des Nations Unies", a déclaré un responsable de l’UA sous couvert de l’anonymat.

La rencontre d’Addis Abeba a débuté peu après l’ouverture à Lomé du Congrès extraordinaire du Rassemblement du peuple togolais (RPT, parti présidentiel) qui devrait désigner M. Gnassingbé comme candidat du parti à la prochaine élection présidentielle.

Dix pays ont été élus au Conseil de paix de l’UA pour un mandat de deux ans (Cameroun, Congo, Ghana, Kenya, Lesotho, Libye, Mozambique, Sénégal, Soudan, Togo), et cinq pour trois ans (Algérie, Ethiopie, Gabon, Nigeria, Afrique du Sud), afin d’assurer la continuité des travaux du Conseil.

Chaque membre du Conseil dispose d’une voix. Il n’y a pas de droit de veto. Les décisions sont prises à la majorité des deux-tiers de ses membres votants, sachant que tout membre du Conseil, "s’il est partie à un conflit ou à une situation soumise à l’examen du Conseil", ne participe pas au vote. Le Togo ne participe donc pas au vote de vendredi.

La réunion est présidée par l’ambassadeur du Ghana, John Aggrey.

Désigné par l’armée pour succéder à son père, Gnassingbé Eyadéma, qui avait dirigé d’une main de fer ce petit pays d’Afrique de l’ouest depuis 1967, Faure Gnassingbé a été investi le 7 février, deux jours après la mort de son père, après une révision éclair de la Constitution par le Parlement.

M. Gnassingbé a annoncé le 18 février qu’il resterait au pouvoir jusqu’à la tenue d’une élection présidentielle d’ici 60 jours. Cette décision a été largement critiquée par la communauté internationale.

Les responsables de l’UA ont très vite qualifié l’accession au pouvoir du fil du président Gnassingé Eyadéma de "coup d’Etat". Mais parmi les 53 Etats membres de l’organisation, des pays influents sont partisans de la poursuite du dialogue plutôt que de l’imposition de sanctions.

"Il y a la crainte parmi certains Etats membres qu’une fois que l’UA aura sanctionné le Togo, il sera plus difficile pour Faure Gnassingbé de faire marche arrière et de se retirer", a ainsi indiqué vendredi à l’AFP un diplomate africain ayant requis l’anonymat et joint par téléphone.

"Nous avons toujours essayé de régler les problèmes de manière consensuelle. Nous gagnerions à essayer de négocier un départ de Faure par un dialogue politique", a-t-il poursuivi.

AFP

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