DEPECHE

La modification de la Constitution est "un coup de force"

Le 1er janvier 2003, publié sur ufctogo.com

LOME, 1er jan (AFP) - 18h22 - Le principal parti d’opposition togolais, l’Union des forces du changement (UFC), a qualifié mercredi de "coup de force" la modification de l’article 59 de la Constitution qui abolit la limitation à deux du nombre de mandats du président de la République.

"Le régime vient de parachever le coup de force commencé en février dernier par la dénonciation de l’Accord cadre de Lomé" (ACL), signé en juillet 1999 par le pouvoir et l’opposition pour mettre fin à dix ans de tensions politiques, a déclaré à l’AFP le secrétaire général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre.

L’ACL prévoyait notamment des législatives anticipées et le retrait du président togolais Gnassingbé Eyadéma à l’issue de son mandat actuel en 2003.

La modification lundi par le parlement de l’article 59, qui limitait à deux le nombre de mandats présidentiels, ouvre la voie à une nouvelle candidature du chef de l’Etat, déjà élu par deux fois depuis l’adoption de l’actuelle Constitution en 1992.

"Nous ne pouvons pas accepter la modification, par cette Assemblée nationale monocolore illégitime, de la Constitution que le peuple s’est donné dans sa très grande majorité", a poursuivi M. Fabre, prévenant : "Nous allons, dans les jours à venir donner la riposte appropriée à cet acte du régime".

De son côté, le porte-parole du Front (coalition de quatre partis d’opposition), Léopold Gnininvi, a déclaré, mercredi à l’AFP, regretter "infiniment cet acte d’une portée très grave pour le Togo et la sous-région".

Rappelant que le président Eyadéma "a donné sa parole de militaire", M. Gnininvi a dit espérer que le chef de l’Etat "n’acceptera pas de porter le chapeau de menteur que l’Assemblée nationale s’apprête à lui conférer". Nous souhaitons vivement qu’il réagisse et qu’il désavoue ces zélés de l’Assemblée dite nationale", a-t-il ajouté.

"Les ordonnateurs du tripatouillage dans leur hâte n’ont pas pris la peine de rechercher des motifs valables pour habiller convenablement leurs desseins", écrivait mardi l’hebdomadaire togolais La Tribune du peuple, estimant que l’Assemblée a voté cette modification sous la pression du sommet de l’Etat.

"Le but principal de cette réforme est de permettre un renforcement de la concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul homme", poursuivait la publication, en référence au président Eyadéma qui règne sans partage sur le Togo depuis 1967.

L’Assemblée nationale (parlement monocaméral), issue des législatives organisées le 27 octobre 2002 après avoir été reportées par deux fois, et boycottées par les partis d’opposition dits "traditionnels", est largement dominée par le Rassemblement du peuple togolais (RPT), fondé par le président Eyadéma, qui y détient 72 des 81 sièges.

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