DEPECHE

La libération d’Agboyibo relance le dialogue, sans tout résoudre

Le 15 mars 2002, publié sur ufctogo.com

Au lendemain de la libération surprise de Yawovi Agboyibo, l’un des principaux opposants togolais, l’opposition s’est déclarée vendredi prête à reprendre le dialogue politique... mais pour revenir sur une réforme contestée de la loi électorale voulue par le gouvernement.

Me Agboyibo, détenu depuis le 3 août 2OO1 dans le cadre de diverses procédures, a été libéré après que le président Gnassingbé Eyadéma eut demandé "dans un geste d’apaisement" au ministre de la Justice de demander au Parquet de requérir la libération de l’opposant.

Cette décision a pris tout le monde de court, le chef de l’Etat ayant jusqu’alors toujours exigé que Me Agboyibo fasse une demande de grâce en bonne et due forme, ce à quoi ce dernier s’est toujours refusé.

Les observateurs relevaient en tout cas que Lansana Kouyaté, le nouveau "facilitateur" de la Francophonie dans le dialogue intertogolais, a récemment multiplié les séjours à Lomé, et que cette libération intervient une semaine après le report de législatives anticipées dont plus personne ne pensait qu’elles se tiendraient comme prévu le 10 mars.

Premier signe immédiat de décrispation, les travaux du Comité paritaire de suivi (CPS) des accords cadres de Lomé, signés en 1999 entre la mouvance présidentielle et l’opposition pour mettre fin à des années de crise politique, devraient reprendre dès la semaine prochaine, selon des sources proches de l’opposition.

Le fonctionnement du CPS était bloqué depuis septembre 2001, l’opposition faisant de la libération de Me Agboyibo un préalable.

Depuis son élargissement, l’avocat-opposant était enfermé vendredi à son domicile avec ses proches et ses conseillers. "Nous sommes ouverts aux discussions et de nombreux problèmes nous interpellent", a déclaré à l’AFP le second vice-président du Comité d’action pour le renouveau (CAR, le parti de Me Agboyibo), Apévon Dodji.

"Le code électoral est très problématique et il faudra nécessairement en reparler", a-t-il souligné.

Début février, l’Assemblée nationale, massivement dominée par les partisans du président, a voté à l’initiative du gouvernement une réforme du code électoral et du fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante, censée "simplifier et alléger" son fonctionnement. L’opposition a immédiatement accusé le pouvoir de chercher en fait à contrôler le processus électoral, alors que le général Eyadéma, qui vient d’entamer sa 36ième année au pouvoir, s’est engagé à ce que son actuel mandat, qui expire en 2003, soit le dernier, conformément à la constitution.

"La libération de Me Agboyibo est la cessation d’une violation des droits de l’Homme (...) Mais le problème n’est pas pour autant résolu, puisque la question du code électoral se pose de façon aiguë", souligne de son côté Jean-Pierre Favre, secrétaire général de l’Union des Forces du Changement (UFC), parti de l’autre grand opposant, Gilchrist Olympio.

Zarifou Ayéva, président du Parti pour la démocratie et le renouveauopposition) espère que cette libération permettra de favoriser "l’esprit d’ouverture dans le dialogue", tout en exigeant lui-aussi que l’on "discute à présent de ce fameux code électoral puisque nous ne pourrons pas entériner des décisions prises en notre absence".

Reste à savoir si le pouvoir va accepter le compromis, ou brandir le geste de clémence du chef de l’Etat comme une concession suffisante, face notamment à la "préoccupation" exprimée par de nombreux partenaires extérieurs (Union européenne, France, Etats-Unis).

Dans le seul commentaire officiel obtenu jusqu’à vendredi, le directeur de la télévision, Pipang Tchalla, a loué à l’antenne la "magnanimité" et la "générosité" présidentielles. Et d’exprimer l’espoir que ce geste d’apaisement "sera bien compris et exploité à sa juste valeur".

AFP

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