DEPECHE

La crédibilité de l’Union Africaine en jeu au Togo, selon des experts

Le 17 février 2005, publié sur ufctogo.com

DAKAR, 17 fév (AFP) - La crise togolaise constitue un test pour l’Union Africaine (UA) et un échec à restaurer l’ordre institutionnel dans ce petit pays ouest-africain serait de mauvais augure pour de futures interventions de l’UA sur le continent, selon des experts interrogés par l’AFP.

"L’UA lutte pour affirmer sa crédibilité et c’est une occasion unique pour prouver qu’elle est plus opérationnelle que l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA, prédécesseur de l’UA) dont le dysfonctionnement était notoire", estime Immaculate Motsi, une experte du Centre d’Etudes Politiques Internationales basé à Pretoria en Afrique du Sud.

"C’est un moment clé qui peut faire ou défaire l’UA", relève cette analyste.

Le président investi du Togo Faure Gnassingbé était jeudi en discussion avec le chef de l’Etat nigérian Olusegun Obasanjo, président en exercice de l’Union africaine (UA), pour évoquer la crise de succession togolaise. M. Obasanjo a réitéré l’exigence d’élection "libres et transparentes" pour régler la question.

L’UA a, dès le départ, adopté une attitude inhabituellement ferme, qualifiant de "coup d’Etat" le changement constitutionnel qui a permis de porter Faure Gnassingbé au pouvoir après le décès de son père Gnassingbé Eyadema.

"(La situation au Togo) ne représente pas forcément un défi à la viabilité de l’UA mais elle l’est en ce qui concerne sa capacité à négocier avec la communauté internationale", souligne John Stremlau de l’Université de Witwatersrand à Johannesburg (Afrique du Sud).

"Si l’Afrique veut une diminution de la dette et veut que Tony Blair (le Premier ministre britannique) et d’autres dirigeants du monde tiennent leurs promesses d’aider au développement de l’Afrique, l’UA doit faire en sorte que ses membres agissent en fonction de leurs propres engagements en faveur de la bonne gouvernance, de la démocratie et de tout le reste", a-t-il ajouté.

Pour Kwesi Jonah, de l’Institut des Affaire économiques du Ghana, la mort de Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé son pays de 4,7 millions d’habitants d’une poigne de fer pendant 38 ans, aurait également du marquer la fin symbolique des "vieilles" dictatures sur le continent noir.

"Au lieu de cela, nous sommes pris dans les situations du passé, nous montrons au monde que nous sommes incapables de nous débarrasser de nos mauvaises habitudes", regrette-t-il.

Des responsables de l’UA ont reconnu que l’organisation était sous pression, afin de prouver qu’elle peut apporter des solutions africaines aux problèmes africains et ne pas décourager les donateurs.

"Nous ne sommes pas isolés, nous sommes partie intégrante de la communauté internationale, nous partageons des valeurs et des principes à la fois avec nos Etats membres et avec le reste du monde", relève le porte-parole de la commission de l’Union Africaine, Adama Thiam.

Pour lui, "ce qui se passe au Togo n’affecte pas uniquement la crédibilité de l’UA mais aussi celle de la communauté internationale".

Obasanjo, poids lourd de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest), a fait savoir qu’il avait une "tolérance zéro" pour les régimes militaires et les juntes, son entourage évoquant à mots couverts l’éventualité d’une option militaire si les nouvelles autorités togolaises ne revenaient pas à la légalité institutionnelle.

Mais pour Immaculate Motsi, de telles déclarations pourraient se retourner contre l’UA si elle se montrait prête à imposer par la force ce qu’elle est incapable de résoudre par la diplomatie.

"Le Togo est un si petit pays. Si l’UA ne parvient pas à une solution au Togo elle n’en trouvera aucune ailleurs", a-t-elle dit.

AFP

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