DEPECHE

La FIDH dénonce "la banalisation de la torture" au Togo

Le 9 juin 2004, publié sur ufctogo.com

La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) a vivement dénoncé, mercredi à Paris, le recours "systématique" à la torture dans les lieux de détention au Togo.
"Nous avons visité des commissariats de police et la prison centrale de Lomé et nous en sommes revenus avec le constat d’une pratique systématique de la torture qui en fait aujourd’hui une banale chose au Togo", a affirmé Benoît van der Meerschen de la FIDH. S’exprimant au cours de la présentation d’un rapport intitulé "Togo : l’arbitraire comme norme et 37 ans de dictature", il a précisé que la torture au Togo prenait plusieurs formes allant des coups de poing reçus par les prévenus dans les commissariats de police à la promiscuité et à la privation de sommeil dans les prisons.

"Nous avons réussi très difficilement à obtenir quelques témoignages des personnes qui ont été frappées par des policiers lors de leur garde à vue. Il s’agit d’une pratique très largement répandue", a déclaré M. Van der Meerschen. Il a souligne qu’à la prison centrale de Lomé, la surpopulation carcérale est telle que les détenus doivent attendre qu’une place se libère pour dormir, aller aux toilettes ou prendre une douche. Selon le responsable de la FIDH, qui rentre d’une mission d’enquête au Togo où il lui a été "interdit" de se rentre à l’intérieur du pays, le recours systématique à la torture n’a pu être possible qu’en raison de l’absence totale d’un pouvoir judiciaire indépendant.

"Les victimes de la torture n’ont aucun recours. Leurs plaintes n’aboutissent pas parce que les magistrats togolais n’ont pas l’indépendance nécessaire pour conduire des investigations dans des affaires mettant en cause les forces de l’ordre. Certains dossiers judiciaires se règlent non pas dans les prétoires mais à la présidence togolaise", a souligné le responsable de la FIDH.

Son rapport critique, en outre, les atteintes à la liberté de la presse et les entraves imposées aux opposants politiques suivis "nuit et jour" par les services de renseignement togolais qui n’hésitent pas à les mettre sur écoute téléphonique. "Avant d’écrire le chapitre que nous consacrons dans le rapport à la liberté de la presse et aux activités de l’opposition, nous avons rencontré le ministre togolais de l’Intérieur à qui nous demandé si effectivement les opposants étaient surveillés. Il n’a eu aucune gêne à confirmer cette information. Il nous a dit que son seul regret était le caractère un peu trop voyant des filatures. Cela donne une juste mesure du système togolais", a encore dit Benoît van der Meerschen.

Au terme de ses investigations à Lomé, l’ONG de défense des droits de l’homme demande l’ouverture d’enquêtes systématiques et indépendantes sur toutes les allégations de torture et l’incorporation de l’incrimination de la torture dans le code pénal togolais conformément aux normes internationales".

La FIDH invite le pouvoir du président Gnassingbé Eyadéma à procéder à la libération des prisonniers politiques et à mettre un terme aux détentions prolongées sans jugement. Le respect des droits de l’homme figure parmi les 22 engagements pris le 14 avril dernier, à Bruxelles, par le Togo dans le cadre de ses consultations avec l’Union européenne (UE), rappelle-t-on.

Une première mission de l’UE a séjourné du 3 au 5 juin à Lomé pour évaluer les progrès accomplis par le Togo en matière de respect des droits de l’homme et sur les 21 autres engagements. L’UE conditionnent toute reprise de sa coopération avec Lomé, suspendue depuis 1993, au respect de tous les 22 engagements pris par le pays.

Paris, France (PANA)

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