DEPECHE

La Constitution est "intangible", selon l’opposition togolaise

Le 30 août 2001, publié sur ufctogo.com

Les partis d’opposition togolais estiment que la Constitution est "intangible", à la suite des déclarations jeudi du Premier ministre Agbéyomé Kodjo favorables à une révision de la Constitution ouvrant la voie à une possible candidature du président Eyadéma en 2003.

"Le chef du gouvernement a fortement appuyé la demande de révision de la Constitution formulée par le président de l’Assemblée nationale en ce qui concerne les dispositions de l’article 59 relatives à la limitation du nombre de mandats présidentiels", indique un communiqué officiel parvenu jeudi à l’AFP à Lomé.

L’article 59 de la Constitution togolaise stipule que "le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats".

Le président Gnassingbé Eyadema, 66 ans, est au pouvoir au Togo sans interruption depuis 1967. Il a été élu successivement en 1993 puis en 1998, suite à l’instauration du pluralisme politique au Togo, mais en 1993, l’opposition avait boycotté le scrutin.

"Personne ne doit toucher à la Constitution : elle est intangible", a déclaré à l’AFP Jean Pierre Fabre, secrétaire général de l’UFC (Union des forces de changement), le principal parti d’opposition, ajoutant que "la crise que le régime tente d’ouvrir est une manifestation de l’échec du dialogue politique intertogolais et la dénonciation de l’accord-cadre de Lomé".

"Comment peut-on lier le sort d’un pays à celui d’un homme à qui n’importe quoi peut arriver n’importe quand ?", s’est interrogé de son côté Hegbor Gahoun, vice-président du Comité d’action pour le renouveau (CAR), soulignant que "ça fait longtemps que cet article gêne le pouvoir".

"J’estime que le peuple togolais a été sage en 1992 en adoptant une Constitution à l’appel d’Eyadéma lui-même. Aujourd’hui il n’y a aucune raison pour qu’on trouve cette Constitution inadaptée. Une fois encore, c’est la dénonciation de l’accord-cadre de Lomé", a-t-il ajouté.

Pour Ajavon Zeus, quatrième vice-président du parti Convergence patriotique panafricaine (CPP), parti de l’ancien Premier ministre Edem Kodjo (1994-1996), il s’agit d’un "coup de force inadmissible qui risque de mettre le pays à feu et à sang".

L’accord-cadre de Lomé a été signé en juillet 1999 entre la mouvance du président Eyadéma et l’opposition pour mettre fin à la crise politique que connaît le pays depuis le début des années 90.

Agence France-Presse (AFP), Lomé, Togo

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