DEPECHE

La Cédéao se prononce sur une suspension de la Guinée après le coup d’Etat

Le 10 janvier 2009, publié sur ufctogo.com

Les dirigeants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) étaient réunis en sommet samedi à Abuja pour se prononcer, malgré des divergences, sur une suspension de la Guinée, dirigée par des putschistes depuis le coup d’Etat militaire du 23 décembre.

"Je sollicite votre coopération pour faire comprendre aux autorités militaires l’impératif d’un retour du pays à la démocratie constitutionnelle aussi rapidement que possible", a déclaré en ouvrant le sommet le président nigérian Umaru Yar’Adua.

Vendredi, les chefs de la diplomatie de la Cédéao avaient estimé que ce pays ne devait plus participer aux réunions de l’organisation au niveau des chefs d’Etat et des ministres et ce "jusqu’au retour de l’ordre constitutionnel", selon un responsable de l’organisation régionale.

Les dirigeants des quinze Etats membres de la Cédéao devaient examiner samedi les recommandations émises par leurs ministres avant de se prononcer officiellement à l’issue d’une réunion à huis clos, en principe par consensus.

Selon un représentant de la Cédéao ayant requis l’anonymat, "dans 99% des cas" les dirigeants suivent les recommandations de leurs chefs de la diplomatie.

Dans leurs recommandations, les ministres ont aussi estimé que le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), la junte guinéenne, devait être "transformé en un conseil national de transition" et que des élections devaient avoir lieu en 2009.

Une junte a pris le pouvoir en Guinée à la faveur d’un coup d’Etat, quelques heures seulement après l’annonce du décès du président Lansana Conté après 24 ans de "règne". Elle a suspendu la Constitution et dissous le gouvernement.

En réaction, l’Union africaine (UA) a suspendu la Guinée de ses activités le 29 décembre.

Le président Yar’Adua a souligné samedi que les pays de la Cédéao devaient éviter "de donner l’impression qu’ils travaillent de façon contradictoire".

Des divergences sont apparues sur l’attitude à adopter face aux putschistes. Le président sénégalais Abdoulaye Wade leur a témoigné son soutien dès le 26 décembre, une prise de position jugée "malheureuse" par le chef de la diplomatie nigériane Ojo Maduekwe.

M. Wade, seul dirigeant de la Cédéao à avoir pris position en faveur de la junte, n’avait pas fait le déplacement samedi.

Outre le président nigérian, les chefs d’Etat de la Côte d’Ivoire, du Liberia, du Ghana, de la Gambie, du Nigeria, du Togo, de la Sierra Leone, du Bénin et du Burkina Faso étaient présents à Abuja, selon une représentante de la Cédéao.

Les autres Etats membres étaient représentés par des délégations de haut niveau, à l’exception de la Guinée qui ne pouvait occuper son siège.

Kabiné Komara, nommé Premier ministre par la junte, avait toutefois été invité à prendre la parole.

"J’ai dit à l’assemblée que la Guinée était désireuse d’être comprise, qu’elle était désireuse de recevoir tout le support nécessaire pour qu’enfin elle puisse devenir un pays tout simplement normal", a-t-il déclaré à des journalistes après son intervention.

Il a estimé que les pays de la Cédéao avaient avant tout besoin d’être informés sur la situation en Guinée.

"Chacun d’eux a besoin de clarifications et d’explications de façon à ce qu’objectivement, ils puissent trouver le meilleur moyen d’aider ce pays", a-t-il déclaré".

Vendredi, les chefs de la diplomatie ont aussi estimé important d’offrir un soutien - logistique, financier - à la Guinée pour que le pays atteigne les objectifs fixés.

ABUJA (AFP)

© Copyright AFP

Dépêches suivantes

Dépêches précédentes

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
jeudi
23 mars 2017
Lomé °C (à 0h)