DEPECHE

L’Union africaine semble davantage diviser qu’unir le continent

Le 13 juillet 2000, publié sur ufctogo.com

L’adoption par le 36ème sommet de l’OUA de Lomé de l’acte de "naissance" de l’Union africaine, activement soutenue par le colonel Mouammar Kadhafi, semble davantage diviser qu’unir le continent.

Une ligne de fracture s’est en effet nettement dessinée, pendant les débats, entre l’Afrique de l’ouest en faveur de l’Union, d’un côté, et, de l’autre, l’Afrique australe et de l’est. Cette fracture se retrouve aussi sur le plan économique : les pauvres, qui bénéficient de sa manne financière, ont suivi Kadhafi, les plus riches se sont opposés aux visées du colonel libyen. Sur les 27 Etats qui ont signé, dès hier mercredi, l’acte constitutif de l’Union, la majorité se retrouve située dans l’Ouest du continent. Certains sont de "micro-Etats", comme la Gambie, le Cap Vert ou la Guinée équatoriale.

D’autres, quant ils sont situés ailleurs que dans l’Ouest, figurent, soient parmi les pays les plus pauvres, comme l’Ethiopie et Madagascar, soit parmi les petits pays comme le Lesotho et le Malawi. S’ajoutent plusieurs pays sub-sahariens qui, depuis longtemps, sont les "obligés" du colonel libyen comme le Burkina Faso ou le Tchad. Les poids lourds du continent se sont révélés farouchement opposés au projet d’Union de Kadhafi, ou, pourrait-on dire "avec" Kadhafi. Les présidents des deux "géants" du continent, Nigeria et Afrique du Sud, ont quitté les lieux avant même la cérémonie de clôture et la séance publique des signatures de l’acte qui s’est déroulée au Palais des congrès de Lomé. Ces pays, qui assument un leadership économique et politique dans leurs régions respectives, ne sont pas prêts à se "vassaliser" dans un ensemble dirigé par le colonel Kadhafi. Mais l’acte, après des séances houleuses sur son contenu en conseil préparatoire des ministres, a été finalement adopté.

Pour autant, Kadhafi, détendu et qui levait le poing en signe de satisfaction, ne parait pas avoir remporté une grande victoire, et il en semble conscient. "Il est soulagé par l’adoption de l’Union. Mais il n’est pas dupe de son soutien", a déclaré un participant au sommet. Le colonel n’avait pourtant pas ménagé ses efforts spectaculaires en arrivant à Lomé à la tête d’une caravane de plus de 200 véhicules tout-terrain, après avoir traversé trois pays, Niger, Burkina Faso et Ghana, qui ont signé l’Union. De Lomé, il s’est rendu au Bénin, également signataire.

Pour être effective, la naissance de l’Union doit être ratifiée par les 2/3 des parlements des 53 Etats que compte l’OUA. Si ce quorum est atteint, l’Union remplacera dans un an l’OUA. "Faites lui confiance, Kadhafi saura convaincre financièrement d’autres pays", disait un diplomate. Le texte adopté ne prévoit pas de calendrier contraignant, et il a été singulièrement vidé de sa substance initiale, qui prévoyait, notamment une présdidence et un Parlement aux pouvoirs étendus, mordant sérieusement sur les souverainetés nationales.

Il reste un canevas, sur lequel, semble-t-il, l’histoire future du continent peut se tisser de façon assez conflictuelle entre "blocs" pro et anti-Kadhafi.
Agence France-Presse (AFP)

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