DEPECHE

L’OUA opte pour une Union africaine aux contours imprécis

Le 14 juillet 2000, publié sur ufctogo.com

Une trentaine de pays membres de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) ont signé à l’unanimité mercredi un projet d’accord considéré comme une première étape vers la création d’une Union africaine, inspirée de l’Union européenne. Reste encore à définir les contours précis de cette entité panafricaine et ses prérogatives.

Le traité signé par 36 chefs d’Etat ambitionne d’ouvrir la voie à la mise en place d’une coopération continentale dans les domaines de la défense, de la diplomatie et de l’économie. Le texte doit encore être ratifié par les deux-tiers des 53 pays membres de l’OUA.

Le document adopté lors du 36e sommet annuel de l’OUA à Lomé (Togo) maintient toutefois la souveraineté primordiale de chaque Etat, considérée par de nombreux observateurs comme le principal obstacle à la paix sur le continent noir depuis des années. Il n’est pas non plus impossible que les Parlements nationaux amendent ce texte avant sa ratification.

On sait que plusieurs grands du continent comme le Nigeria et l’Afrique du Sud s’étaient montrés plus que réticents devant ce projet proposé en septembre dernier à Syrte par le colonel libyen Moammar Kadhafi. Certains dirigeants africains avaient d’ailleurs quitté Lomé avant la cérémonie de signature de mercredi, alors que l’Angola, la Namibie et le Congo-Kinshasa ont boycotté le sommet.

On se souvient également qu’une foultitude de précédents projets d’union ou de coopération régionales ou continentales ont toujours échoué jusqu’ici, notamment parce que plusieurs clauses de la charte de l’OUA placent le principe de la souveraineté nationale par-dessus tout.

Parmi ceux ayant participé à la cérémonie organisée dans le gigantesque Hôtel Deux-Février figuraient les présidents algérien, gabonais, togolais, zambien et bien sûr libyen. Vêtu d’une djellabah verte, le colonel Kadhafi ne dissimulait pas un large sourire.

Le secrétaire général de l’OUA, Salim Ahmed Salim, a qualifié cet accord de ’’décision historique’’, tandis que le ministre togolais des Affaires étrangères Joseph Koffigoh a souligné l’apparition d’un ’’nouveau consensus’’ pour aller de l’avant.

Selon le texte signé mercredi à Lomé, l’union se doterait d’un conseil des chefs d’Etat baptisé Assemblée ayant des compétences en matière d’économie, de social, de politique et de santé. Par ailleurs, tout régime arrivé au pouvoir par des moyens anticonstitutionnels seront exclus de l’Union africaine.

Sont également envisagées les créations d’un Parlement panafricain, d’instances juridiques communes, ainsi que d’une banque centrale et d’une union monétaire. Le document donne également pouvoir à l’Union africaine d’intervenir dans les affaires des Etats membres pour y restaurer la paix et la sécurité dans des cas aussi graves qu’une guerre ou un génocide.

Par Amba Dadson LOME, Togo (AP)

Dépêches suivantes

Dépêches précédentes

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
mardi
23 mai 2017
Lomé 28°C (à 00h)