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L’Etat nigérian de Kano maintient son refus du vaccin anti-polio

Le 22 février 2004, publié sur ufctogo.com

KANO (AFP) - 22/02/2004 16h44 - L’Etat nigérian de Kano (nord) a décidé dimanche de maintenir son refus de laisser des agences de Nations Unies vacciner la population contre la poliomyélite, après que des dignitaires musulmans eurent affirmé que ce vaccin était dangereux et provoquait notamment l’infertilité.

"Le gouvernement de l’Etat de Kano a décidé de prolonger la suspension de la campagne de vaccination contre la polio jusqu’à ce que la question (des risques supposés engendrés par le vaccin) soit tranchée", a déclaré un porte-parole de l’administration régionale, Sule Ya’u Sule.

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) a immédiatement averti que cette opposition réitérée des dignitaires musulmans contrôlant certains Etats du nord du Nigeria où la charia (loi islamique) est appliquée, dont Kano, épicentre de la dernière épidémie de polio, fait peser un grave danger sur la population.

"Tout retard dans la vaccination va entraîner une propagation rapide du virus et risque de handicaper d’avantage d’enfants innocents au Nigeria et dans les pays voisins", a lancé un porte-parole de l’Unicef, Gerrit Beger.

L’Unicef et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) doivent lancer lundi une campagne de vaccination de quelque 60 millions d’enfants au Bénin, au Cameroun, en République centrafricaine, au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Niger, au Togo et dans les Etats du Nigeria acceptant ce programme.

Trois Etats du nord (à majorité musulmane) du Nigeria, dont celui de Kano, avaient interrompu fin 2003 leur participation à une campagne de vaccination d’enfants contre la polio, des dignitaires musulmans locaux affirmant que la vaccination faisait partie d’un complot américain pour stériliser des Africains.

Un comité de scientifiques et de religieux mis en place pour enquêter sur ces allégations avait confirmé ces craintes en janvier, assurant que le vaccin contenait des hormones, oestrogène et progestérone, risquant de provoquer la stérilité.

M. Berger a estimé que l’attitude des autorités de Kano risquait de "faire échouer les progrès accomplis par l’Unicef et ses partenaires qui ont fait reculer les cas de polio de 350.000 en 1988 à moins de 1.000 en 2003".

Le gouvernement fédéral du Nigeria a dépêché des experts en Inde et en Afrique du Sud afin de prouver, à ceux qui en doutent, que le vaccin est sûr.

"Nous avons dit que les vaccins qui nous ont été soumis étaient contaminés et les agences internationales doivent nous apporter de nouveaux stocks que nous testerons", a indiqué le porte-parole du gouvernement de Kano.

"Si nous estimons qu’ils (les nouveaux stocks de vaccin) sont sûrs, nous serons heureux de poursuivre la campagne", a-t-il assuré.

La polio est une maladie très contagieuse, qui touche principalement les enfants de moins de cinq ans. Le virus envahit le système nerveux et entraîne une paralysie irréversible, généralement des jambes, dans un cas sur 200 ; entre 5 et 10% des patients paralysés meurent lorsque leurs muscles respiratoires sont à leur tour atteints.

AFP

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