DEPECHE

Khartoum rejette l’intervention de forces de l’UA au Darfour

Le 23 août 2004, publié sur ufctogo.com

ABUJA, Nigéria (Reuters) - Alors que des pourparlers entre autorités soudanaises et rebelles du Darfour s’ouvraient ce lundi à Abuja, Khartoum a rejeté la proposition du président nigérian d’une intervention de la force de l’Union africaine (UA) pour désarmer les rebelles dans cette région de l’ouest du Soudan.

Le chef de la délégation soudanaise, Mazdjoub al Khalifa, a rejeté la proposition du chef de l’Etat nigérian Olusegun Obasanjo, président en exercice de l’UA, et demandé que le désarmement des rebelles comme des milices pro-gouvernementales arabes djandjaouids soit laissé à l’initiative de Khartoum.

"Je ne pense pas que cela (l’intervention de la force de l’UA) soit nécessaire" a déclaré Khalifa, ministre soudanais de l’Agriculture, alors qu’il arrivait pour le début des pourparlers dans la capitale du Nigéria.

"Nous désarmerons simultanément les mouvements de rebelles, les djandjaouids et les autres milices" a-t-il ajouté.

De leur côté, les rebelles se sont opposés à cette proposition des autorités gouvernementales, demandant à l’UA d’obtenir que Khartoum fasse le premier pas.

"Nous ne pouvons en aucun cas laisser nos ennemis nous désarmer. Ils continuent de nous tuer et de nous bombarder" a déclaré Aboubakar Hamid Nour, représentant du Mouvement pour la justice et l’égalité, l’un des deux mouvements rebelles noirs participant aux négociations d’Abuja.

"Nous espérons que l’UA aura suffisamment de pouvoir pour les (les autorités soudanaises) contraindre à la paix", a-t-il précisé à Reuters.

Obasanjo avait proposé un élargissement du mandat de la force de protection de l’UA déployée au Darfour faisant valoir que l’armée soudanaise était incapable de désarmer les rebelles sans provoquer de nouveaux combats.

"Le gouvernement pourrait ne pas être capable de désarmer pacifiquement les rebelles. C’est en cela que les efforts de l’UA pourraient s’avérer nécessaires", avait-il déclaré avant l’ouverture des négociations.

Le conflit au Darfour a débuté en février 2003 après des années de tensions entre nomades arabes et paysans noirs sédentaires.

Pour les rebelles, le gouvernement soudanais a armé les milices djandjaouids pour qu’elles pillent et brûlent les villages orchestrant une véritable campagne de nettoyage ethnique. Khartoum rejette ces accusations et considère les djandjaouids comme des bandits.

Les autorités soudanaises ont toutefois accentué leurs efforts pour démontrer qu’elles sévissent contre les milices alors que le Conseil de sécurité de l’Onu a fixé au 30 août la date à laquelle Khartoum pourrait se voir imposer des sanctions faute de progrès notables dans la protection des populations civiles et le désarmement des djandjaouids.

CRISE HUMANITAIRE

Selon les Nations unies, le conflit a provoqué l’une des plus graves crises humanitaires, faisant près de 50.000 morts et plus d’un million de personnes déplacées, dont 200.000 se sont réfugiées au Tchad voisin.

Le Rwanda a déjà déployé dans le Darfour 155 soldats chargés de protéger les observateurs de l’UA surveillant l’application d’un cessez-le-feu conclu entre les deux parties du conflit dans le Darfour, et le Nigeria doit envoyer sur place cette semaine 150 soldats supplémentaires.

Mais Abuja envisage déjà de déployer jusqu’à 1.500 soldats au total, et d’autres Etats africains ont proposé de fournir eux aussi des troupes.

Une première série de pourparlers de paix a achoppé en juillet sur une exigence formulée par les rebelles, qui réclament que le gouvernement désarme les milices djandjaouids avant tout désarmement de leur part. Obasanjo a indiqué que l’envoi d’une force de l’UA pourrait permettre de sortir de cette impasse.

Khartoum, soucieux de limiter la présence de soldats étrangers sur son territoire, a dit que l’UA devrait obtenir son accord pour augmenter l’effectif de sa force au Darfour.

Les négociations d’Abuja auxquelles participe aussi le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, débutent deux jours après la signature par Khartoum d’un accord avec les Nations unies portant sur le retour volontaire des réfugiés et une meilleure représentantion des habitants du Darfour dans les institutions de la région.

Khartoum a sécurisé des zones pour y accueillir les réfugiés et s’est engagé à doubler ses effectifs de police dans cette région dont la superficie est équivalente à celle de la France.

Les autorités soudanaises ont aussi emprisonné un certain nombre de miliciens et de policiers pour des crimes comme le viol, reconnaissant pour la première fois que ses forces de sécurité avait commis des abus au Darfour.

par Dino Mahtani - Reuters

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