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Haïti : la France demande le départ d’Aristide

Le 25 février 2004, publié sur ufctogo.com

PORT-AU-PRINCE (AFP) - mercredi 25 février 2004 - 21h59 - La France a demandé mercredi que le président haïtien Jean Bertrand Aristide quitte le pouvoir pour sortir de l’"impasse" son pays, où ses partisans armés ont érigé des barricades aux entrées de Port-au-Prince pour la protéger d’une attaque des insurgés.
"Chacun voit qu’il s’agit d’ouvrir une nouvelle page dans l’histoire d’Haïti", a souligné à Paris dans une déclaration à l’AFP le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin. Et d’ajouter : "Il appartient au président de "tirer les conséquences" de "l’impasse" où se trouve Haïti.

L’idée d’une force de sécurité internationale pour Haïti, secoué depuis début février par une insurrection armée qui contrôle la moitié nord du pays, et qui a fait quelque 70 morts et plusieurs centaines de blessés, semble progresser.

A Washington, le président américain George W. Bush a estimé qu’une force de sécurité internationale pourrait être envoyée en Haïti après un règlement politique de la crise. "Consécutivement à un règlement politique, nous encouragerons la communauté internationale à apporter sa contribution pour assurer la sécurité. Mais la première chose est de travailler à une solution politique", a déclaré M. Bush.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies tiendra jeudi une réunion publique sur Haïti, selon l’ambassadeur américain à l’ONU John Negroponte. Pour le conseiller politique du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, Kieran Prendergast, "la situation empire de jour en jour" et "les événements de février nous montrent que Haïti a besoin d’un engagement à long terme, soutenu et important, de la communauté internationale".

L’opposition haïtienne, dont des représentants pourraient rencontrer en fin de semaine à Paris les autorités françaises, a réaffirmé avec force sa volonté de voir partir le président haïtien. "Il faut de toute urgence une solution politique et Jean Bertrand Aristide qui est la source du problème doit partir", a-t-elle dit.

A Port-au-Prince, des pillages et des coups de feu ont été signalés par des témoins mercredi sans qu’il soit possible de les expliquer.

Les entrées de la ville au nord, à l’est et à l’ouest étaient sous une étroite surveillance d’hommes en armes, parfois cagoulés, qui filtraient les passages à des points de contrôle formés de grosses pierres, de carcasses de voitures et de pneus. Les véhicules étaient fouillés par ces hommes à la recherche d’armes.

En début de semaine, Guy Philippe, un ancien commissaire à la tête des insurgés armés qui contrôlent la moitié nord du pays, avait promis de "libérer" Port-au-Prince du président Aristide dans les jours à venir.

Les insurgés se sont emparés mercredi de l’île de la Tortue (nord), habitée par 50.000 personnes et plaque tournante importante pour le commerce avec les Etats-Unis et les Bahamas, a appris l’AFP de sources policières. L’attaque n’a pas fait de victimes, selon ces sources.

Située au large de la côte nord-ouest de Haïti, l’île de la Tortue était le dernier territoire du nord du pays à ne pas être sous le contrôle des insurgés.

"Nous mettons en garde les gens qui contrôlent le nord du pays de considérer le sud (comprenant Port-au-Prince) comme un fief de Jean Bertrand Aristide", a déclaré dans la capitale Evans Paul, un des dirigeants de l’opposition. "La violence n’a jamais rien réglé et ceci s’adresse aux gens qui ont des armes dans le parti Lavalas ou de l’autre côté", a-t-il ajouté.

L’opposition politique et civile au chef de l’Etat s’est démarquée de l’insurrection armée dans le pays qui poursuit le même but d’un départ du président Aristide.

Après les départs de ressortissants de plusieurs pays, le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a autorisé son personnel non essentiel et les familles de ses fonctionnaires à quitter Haïti pour la République dominicaine voisine, selon Kieran Prendergast.

AFP

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