DEPECHE

Haïti au bord du chaos

Le 10 février 2004, publié sur ufctogo.com

PORT-AU-PRINCE (AFP) - 10/02/2004 09h17 - La partie nord d’Haïti échappait lundi au contrôle du président Jean-Bertrand Aristide tandis que des violences continuaient à toucher d’autres villes du pays, liées parfois à des affrontements entre bandes rivales.

Dans un entretien lundi soir à la chaîne de télévision canadienne TVA, un dirigeant de l’opposition haïtienne, André Apaid, a estimé que le président Jean Bertrand Aristide est "la source du chaos" et "l’obstacle à la démocratie" en Haïti, et appelé à son départ du pouvoir

"M. Aristide est un être troublant, en fait il est un dictateur et un despote", a affirmé M. Apaid, coordonnateur du groupe des "184", une organisation de la société civile haïtienne et du patronat. Selon M. Apaid, le président a trompé la population après son retour triomphal au pouvoir en 1994. "Il a promis la démocratie mais a mis en place une machine criminelle occulte" dans le but de "chiper les élections, les voler" et assurer ainsi son maintien au pouvoir, a-t-il accusé. "Pendant trois ans", après les élections législatives de 2000 entachées d’irrégularités, "nous l’avons rencontré huit fois, nous lui avons demandé de changer cet appareil" mais il n’a rien fait, a-t-il dit. Selon M. Apaid, des élections libres ne pourront être organisées en Haïti tant que le président Aristide sera en poste. "Sa situation s’érode, sa popularité s’érode" mais il "est obstiné".

Dans la journée l’ONU, les Etats-Unis, la France, le Canada et l’Organisation des Etats Américains (OEA) ont appelé à l’arrêt immédiat des affrontements, qui ont fait 41 morts depuis jeudi. Dans une dizaine de villes, les commissariats de police étaient lundi désertés, après avoir été pillés et incendiés par des opposants. Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a annoncé que l’Organisation allait "très prochainement" accroître son engagement en Haïti, tandis que le département d’Etat accusait le gouvernement haïtien de contribuer "assez souvent" à la violence. "Il y a des bandes violentes, des brutes des deux côtés", a affirmé son porte-parole Richard Boucher. Comme les Etats-Unis, la France "appelle à l’arrêt immédiat des violences d’où qu’elles viennent, et au respect des règles de droit", selon le ministère français des Affaires étrangères.

Au cours du week-end, l’OEA avait réclamé que tout changement politique soit mené "de manière pacifique et démocratique". De fait, depuis la fin de la semaine dernière, plusieurs zones du nord sont livrées à l’anarchie, avec des tirs et des pillages. Lundi, des renforts de la police acheminés de Port-au-Prince, équipés notamment d’hélicoptères, ont réussi à reprendre le contrôle de la ville de Saint-Marc, à 96 kilomètres au nord de la capitale, selon des habitants et une source policière.

Depuis ce week-end, deux bandes armées rivales s’affrontaient dans cette localité de 160.000 habitants, où des barricades enflammées avaient été érigées. Les affrontements lundi ont fait un mort et deux blessés du côté des rebelles. La police est venue aider des militants pro-Lavalas (au pouvoir) du mouvement local "Balai Rouzé" à prendre le dessus sur une bande armée dénommée Rassemblement des militants conséquents de Saint-Marc (Ramicos). Ce groupe, opposé au président, avait incendié samedi le commissariat de la ville et s’était emparé d’armes.

Afin de montrer l’autorité de l’Etat, le Premier ministre Yvon Neptune s’est rendu dans l’après-midi dans la ville qui se trouve sur la route menant de Port-au-Prince aux Gonaïves (nord-ouest). Principale ville de la région nord-ouest, les Gonaïves (200.000 habitants) est depuis jeudi sous le contrôle des rebelles du Front de résistance révolutionnaire de l’Artibonite.

AFP

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