DEPECHE

Haïti : Violentes manifestations, deux morts, 30 blessés

Le 8 janvier 2004, publié sur ufctogo.com

De violents affrontements ont fait au moins deux morts et 30 blessés mercredi à Port-au-Prince, des miliciens pro-Aristide ayant débarqué au cours d’une manifestation de centaines d’étudiants, rassemblés pour réclamer le départ du président haïtien et dispersés violemment par la police.

La police a tué un partisan d’Aristide après qu’il eut ouvert le feu sur la foule. Un manifestant a été tué par balles. D’autres manifestants ont été passés à tabac ou caillassés par les partisans de Jean-Bertrand Aristide, débarqués sur les lieux à bord de camions, armés de matraques et de pierres.

"A bas Aristide"

Criant "à bas Aristide", les manifestants, qui portaient des masques chirurgicaux pour se protéger des gaz lacrymogènes, ont été bloqués par des barricades de pneus incendiés et de carcasses de voitures installés par les partisans du prêtre défroqué.
"Nous n’avons pas d’avenir, nous n’avons pas peur", lançait Rodeny Williams, un des manifestants, qui accusent Aristide, l’ancien prêtre des bidonvilles, d’avoir trahi les pauvres et les jeunes, et de s’être transformé en dictateur.
La police est ensuite intervenue, tirant en l’air avant d’ouvrir le feu directement sur les manifestants, qui se sont dispersés.

Marche anti-Aristide

Les manifestations étudiantes avaient joué un rôle important dans le renversement du président Elie Lescot en 1946, puis de Paul Magloire en 1956. Sous la dictature des Duvalier père et fils, jusqu’en 1986, des milliers d’étudiants ont connu la prison et la répression.
Mercredi, des membres des groupes de la société civile, du clergé, des artistes et des hommes d’affaires devaient rejoindre les étudiants pour cette marche anti-Aristide sur 15 km.

"Un autre Haïti"

"Le signal que nous envoyons aujourd’hui est que nous voulons un autre Haïti", a déclaré Andy Apaid, coordinateur du "Groupe des 184" et un des chefs de file de l’opposition à Aristide.
La tension, croissante depuis les élections de 2000, marquées par la victoire écrasante du parti d’Aristide, la Fanmi Lavalas, est à son comble ces derniers mois, alors qu’Haïti, première république noire de la planète, a fêté le 1er janvier le bicentenaire ans de son indépendance.

Les violences ont fait 41 morts depuis septembre, mais Aristide affirme qu’il ira au bout de son mandat actuel, en 2006, et l’opposition refuse toute participation à des élections tant qu’il n’aura pas démissionné.

AP

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