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Guinée : reprise des manifestations, la répression fait un nouveau mort

Le 18 janvier 2007, publié sur ufctogo.com

ne personne a été tuée et plusieurs blessées par balles jeudi en Guinée lors de nouvelles manifestations réprimées par les forces de l’ordre, portant à trois le nombre de morts depuis le début de la grève générale illimitée qui paralyse le pays depuis le 10 janvier.

"Un jeune homme a été tué par balles au moment de la dispersion d’une manifestation par la police" à Mamou, une localité située à environ 280 km à l’est de Conakry, a rapporté sans plus de détails une source contactée par l’AFP dans un centre de santé de la ville.

Cette source a également fait état d’au moins six blessés par balles dans cette agglomération d’environ 200.000 habitants.

Dans les quartiers périphériques de la capitale, des sources humanitaires ont enregistré au moins cinq blessés au cours de manifestations.

"Nous avons recensé au moins cinq blessés touchés par des balles, dont une fillette de 9 ans dans les quartiers de Hamdallaye, Haffia et Matoto", a déclaré Mamadou Samba Doumbouya, de la Croix-Rouge guinéenne.

Ce dernier a également précisé qu’une station-service avait été saccagée par des manifestants à Hamdallaye.

En fin après-midi, les manifestations et affrontements manifestants-forces de l’ordre avaient pris fin dans la plupart des quartiers périphériques de la capitale, où un journaliste de l’AFP a vu de nombreux policiers en armes demeurer en faction.

Le calme était également revenu dans l’après-midi dans la plupart des villes de province, selon des habitants contactés par l’AFP.

Mercredi, les heurts entre policiers et manifestants avaient déjà fait deux morts, dont un enfant de 10 ans, et plusieurs blessés. Les forces de l’ordre avaient procédé à plusieurs dizaines d’arrestations, selon des témoins.

Depuis le 10 janvier, l’intersyndicale Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG)/Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) a déclenché une grève générale illimitée, largement suivie jusqu’à présent, pour protester contre la corruption, les détournements de fonds publics et l’"ingérence" du président Lansana Conté dans les affaires judiciaires.

L’intersyndicale reproche à M. Conté d’avoir libéré, à la mi-décembre, l’ex-président du patronat Mamadou Sylla et l’ancien ministre Fodé Soumah, pourtant inculpés de détournement de fonds publics.

Les syndicats ont appelé mercredi dans une lettre le président de l’Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, à "saisir la Cour suprême (...) pour constater la vacance du pouvoir" devant la "dégradation" de l’état de santé du président.

Une fois constatée cette vacance, les syndicats demandent "la tenue d’un débat national pour décider de ce qui doit être fait", a déclaré jeudi Yamodou Touré, secrétaire général de l’organisation nationale des syndicats libres de Guinée (ONSLG).

"On n’a pas fermé la porte aux négociations, mais il faut un climat serein. Or les autorités ne nous ont pas vraiment permis d’expliquer nos problèmes", a poursuivi M. Touré.

Il s’agit de la troisième grève générale en un an dans ce pays d’Afrique de l’ouest. Le général Conté, 72 ans, est affaibli notamment par un diabète, et sa santé défaillante a accentué les inquiétudes d’une déstabilisation d’un pays en proie depuis des années à une crise économique et politique ainsi qu’à des tensions ethniques.

Jeudi, Paris a appelé au "dialogue" entre le pouvoir et les syndicats, et "vivement déconseillé" aux Français de se rendre en Guinée, en écho à un avertissement similaire du ministère des Affaires étrangères britannique.

AFP

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