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Elections : des centaines de Togolais réfugiés au Ghana par peur de violences

Le 1er juin 2003, publié sur ufctogo.com

Des centaines de Togolais se sont réfugiés ces derniers jours au Ghana voisin par crainte de violences à l’occasion de l’élection présidentielle de dimanche au Togo, où le président Gnassingbé Eyadéma brigue un troisième mandat après 36 ans de pouvoir.

Koffi Dzameshi, responsable du département ghanéen de Volta, frontalier du Togo, affirme prendre toutes les dispositions pour accueillir encore davantage de réfugiés togolais.

"Ils affluent de l’autre côté. Avec les Nations unies, nous sommes en train de mettre en place trois camps de réfugiés, d’une capacité de 600 personnes chacun", a-t-il expliqué à l’AFP.

"De nombreuses personnes sont déjà arrivées. Nous renforçons la sécurité le long de la frontière. Nous sommes en paix ici, les Togolais ne doivent pas exporter leurs problèmes au Ghana", a affirmé M. Dzameshi.

"Combien de temps vont-ils rester ici ? C’est difficile à dire. Ca dépend en grande partie de ce qui va se passer d’ici à l’investiture" du prochain président.

A la tête de l’Etat depuis 1967, Gnassingbé Eyadéma part grand favori pour cette élection, face à une opposition divisée qui présente cinq candidats contre lui. Elu et réélu en 1993 et 1998 lors de scrutins boycottés ou contestés par l’opposition et émaillés de troubles, le général Eyadéma a pu se représenter grâce à une modification de la constitution, qui jusque là limitait le nombre de mandats présidentiels à deux.

"Plusieurs centaines de personnes sont arrivées au Ghana ces derniers jours, apparemment désireuses d’éviter des problèmes durant les élections", explique Linus Koffie, chef du département de Ketu, dont Aflao, ville ghanéenne jouxtant la capitale togolaise Lomé, fait partie.

"Elles arrivent avec des histoires étranges. Hier, un groupe de 25 personnes est arrivé, avec parmi elles des femmes ivoiriennes. Elles disent qu’elles ont été violées par des soldats togolais", poursuit-il.

Si la plupart des "réfugiés" togolais entrent au Ghana par Aflao, d’autres préfèrent s’éloigner de la côte et passer plus au nord, par la brousse, où la frontière, est plus perméable.

"Le trafic en provenance de l’autre côté a été beaucoup plus important que d’habitude au cours des derniers jours", confirme un responsable des douanes à la frontière Aflao-Lomé, fermée depuis samedi soir par les autorités togolaises pour toute la durée du scrutin.

"Les Togolais rejoignent des parents ou des amis, mais ils restent très discrets. Ils craignent des représailles et ne se confient pas aux inconnus", explique un de ses collègues.

"Il y a des infiltrés ici. Eyadéma a des espions partout, et les gens continuent d’avoir peur même quand ils arrivent ici", confirme Luc Koffi Kaodama, soldat en retraite âgé de 67 ans, qui a fui le Togo en 1992.

"La peur est générale au Togo. Les gens haïssent le général (Eyadéma) mais il les a muselés. Pourquoi il n’y a pas de révolution ? Parce que le ministère de l’Intérieur, en 1975, a décidé de saisir toutes les armes de petit calibre ou de chasse", affirme M. Kaodama, président de l’association locale des réfugiés togolais.

"A présent, seuls les hommes d’Eyadéma sont armés. Je ne peux pas rentrer chez moi tant que ce monsieur restera assis sur son trône", conclut-il.

AFP

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