DEPECHE

Droits de l’homme : le sommet de Moncton (Canada) sous pression

Le 3 septembre 1999, publié sur ufctogo.com

MONCTON (Canada), 3 sept (AFP) -

Le sommet francophone a été confronté, dès son ouverture vendredi à Moncton, sur la côte atlantique du Canada, au problème de la participation de représentants de régimes africains non démocratiques.

Plusieurs dizaines d’opposants africains ont manifesté sur le campus universitaire de cette petite ville du Nouveau-Brunswick canadien, étroitement surveillés par d’importants effectifs de la police et des services de sécurité canadiens, troublant le bel ordonnancement de la cérémonie d’ouverture du sommet.

Ces opposants, se référant implicitement à ce qui s’est passé pour le dirigeant chilien Augusto Pinochet en Grande-Bretagne, ont demandé au Canada "d’appliquer la loi canadienne pour mettre fin à l’impunité" de certains dirigeants invités.

Leur voix a été répercutée par le Premier ministre du pays hôte, Jean Chrétien, qui a reconnu la carence de certains pays francophones en matière de droits de l’Homme et le président français Jacques Chirac, qui a proposé la mise en place d’un "Observatoire de la Démocratie".

Alors qu’un ballet continuel de limousines amenait chefs d’Etat et de gouvernement francophones des cinq continents au centre de conférence, des cris "assassin, assasin" ont retenti alors que les présidents du Togo, Gnassingbe Eyadema, et de la République Démocratique du Congo, Laurent-Désiré Kabila, mettaient pied à terre.

Les huées ont également fusé à l’arrivée du Premier ministre rwandais Célestin Rwigema ou du premier vice-président de la République burundaise, Frédéric Bamvuginyumvira.

Certains opposants visaient le régime du major Pierre Buyoya, qualifié dans des tracts de "président génocidaire du Burundi" ayant "participé au génocide des Hutus" dans son pays. D’autres attaquaient Paul Kagamé, l’homme fort du Rwanda, voisin du Burundi, caricaturé sur des affiches sous la mention "Kagamé, sanguinaire des Grands Lacs" (africains), alors que des membres du parti d’opposition camerounais Social Democratic Front (SDF) accusaient le régime du président Paul Biya d’avoir transformé le Cameroun en "pays à très haut risque".

Dans un texte distribué en marge du sommet, une coalition d’exilés burundais, rwandais et du Kivu (est de la République Démocratique du Congo) vivant au Canada, se "déclarent très indignés par l’attitude du gouvernement canadien qui a accordé des visas d’entrée à des criminels" et demandent au Premier ministre d’"appliquer la loi canadienne et de mettre fin à l’impunité des dirigeants du Rwanda et du Burundi, responsables des pires crimes de l’histoire de la région des Grands Lacs africains".

Le dirigeant canadien a admis, lors de son discours d’ouverture du sommet, que le respect des droits de la personne n’était toujours "pas ancré" dans la Francophonie et a souhaité qu’une amélioration de la situation dans ce domaine constitue "le coeur" des travaux du sommet de Moncton.

Le président Chirac a pour sa part appelé les participants à "développer l’action au service de la démocratie et des droits de l’Homme" et souligné que la francophonie doit être "un combattant exemplaire, un combattant efficace au service de la paix, de la démocratie, des libertés, des droits de l’Homme, du développement et de la bonne gouvernance".

Le Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Boutros Boutros-Ghali, a affirmé que "démocratie, droits de l’Homme et Etat de droit fondent notre action".

AFP

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