DEPECHE

Des militaires ivoiriens exigent le départ de leurs chefs et des soldats français

Le 30 novembre 2003, publié sur ufctogo.com

ABIDJAN, 30 nov (AFP) - 23h25 - Des soldats en armes, se réclamant du président Laurent Gbagbo, sont intervenus dimanche soir à la télévision nationale pour exiger le départ dans les 48 heures de leurs chefs et des forces françaises d’interposition, se déclarant prêts à "libérer" l’ensemble de la Côte d’Ivoire.

Abidjan était totalement calme dimanche soir, sans aucune présence militaire anormale, a constaté un journaliste de l’AFP.

En fin d’après-midi, ces militaires, apparemment des sous-officiers et soldats du rang, ont interrompu les émissions pour exiger "dans les 48 heures" la démission de leur chef d’état-major et des principaux généraux ainsi que le départ des soldats français déployés en Côte d’Ivoire dans le cadre de l’opération Licorne.

Ces militaires ont affirmé parler au nom de tous les corps de l’armée après des incidents qui ont opposé samedi soir des éléments de l’armée ivoirienne à des soldats français dans la "zone de confiance" démilitarisée, au centre du pays.

Cette zone est interdite aux ex-belligérants en armes qui s’affrontent depuis le 19 septembre 2002, date d’une tentative de coup d’Etat contre le régime de Laurent Gbagbo.

"On a été stoppés par les Français avec la complicité de nos chefs", a déclaré le porte-parole de ces militaires, identifié après coup comme étant le lieutenant Zadi, du Bataillon des commandos parachutistes (BCP).

Coiffé d’un béret rouge et bredouillant d’émotion, il a accusé les soldats français d’avoir détruit un blindé et blessé "pleins" de militaires ivoiriens, lors de ce qui semble avoir été une tentative d’invasion samedi de la zone tenue par les anciens rebelles, au nord, par les forces loyales au président Gbagbo.

Selon des sources militaires concordantes, c’est le lieutenant Zadi lui-même qui était à la tête des éléments de l’armée ivoirienne qui ont tenté de passer en force dans le centre du pays, près de M’Bahiakro.

"Nous demandons au président Gbagbo que les généraux Doué (Mathias, chef d’état-major), Bombet (Denis, commandant des forces terrestres) et Touvoli (Grégoire, commandant de la gendarmerie) démissionnent. On ne veut plus d’eux comme chefs militaires ! Par leur faute, notre armée est humiliée", a-t-il poursuivi.

Ces généraux "ont 48 heures pour démissionner. Si les blancs ne quittent pas au bout de ces 48 heures, ils seront responsables de ce qui va se passer. Notre armée est avec vous. Il faut nous soutenir. Ce n’est pas un coup d’Etat. Nous sommes républicains", a conclu le lieutenant Zadi, sous les applaudissements dans le studio de télévision.

"Au bout de tout ça, nous l’armée de Côte d’Ivoire, l’armée tout entière (...) , nous demandons au président Laurent Gabgbo de dire à ces blancs-là de dégager les lignes de front. Nous sommes prêts à libérer notre pays", a-t-il lancé.

Les trois généraux visés par l’ultimatum accompagnaient dimanche Laurent Gbagbo à bord d’un hélicoptère militaire français au centre du pays où le président était venu ramener le calme.

La tension a été la plus forte à M’Bahiakro où 100 à 200 "jeunes patriotes", farouches partisans du chef de l’Etat, ont servi de "bouclier" à une tentative de passage en force de militaires ivoiriens en direction de Bouaké, la "capitale" des rebelles qui se sont soulevés contre Laurent Gbagbo en septembre 2002, selon des sources militaires concordantes.

Les soldats français chargés de contrôler la "zone de confiance" se sont interposés avec des grenades lacrymogènes et ont effectué des tirs de sommation en l’air pour les disperser, selon l’Opération Licorne.

Les éléments des Fanci (Forces armées nationale de Côte d’Ivoire) avaient renoncé à franchir la ligne de front dimanche après-midi et s’étaient dispersés, selon les militaires français.

Selon la RTI ces incidents se sont soldés par six blessés dont deux graves dans les rangs des FANCI et un blindé ivoirien détruit.

Le journal de 20h00 (heure locale et GMT) de la RTI, qui a suivi l’intervention des militaires, a fait état du message des "insurgés", en passant des images mais avec un commentaire off sans passer la déclaration proprement dite des militaires.

Selon la RTI, la radio et la télévision ont été "pris d’assaut" à la suite d’un "malentendu", par "400 gendarmes mécontents de leurs supérieurs hiérarchiques et voulant en découdre avec les rebelles".

AFP

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