DEPECHE

Des journalistes descendent dans la rue pour protester contre l’agression d’un de leur confères

Le 12 octobre 2005, publié sur ufctogo.com

LOME, le 12 octobre (IRIN) - Plusieurs journalistes, défenseurs des droits de l’homme et responsables de l’opposition sont descendus dans les rues de Lomé pour protester contre l’agression dont a été victime le directeur de publication d’un journal de l’opposition.

« Il faut qu’une enquête sérieuse soit ouverte pour identifier, juger et punir selon loi les auteurs de ce forfait », a déclaré Carlos Kétohou, président des Journalistes pour les droits de l’homme, lors de la manifestation.

Le gouvernement a également condamné cette agression.

Encore gardé en observation à l’hôpital de Lomé, Jean-Baptiste Dzilan – connu aussi sous le nom de Dimas Dzikodo – a indiqué que plusieurs individus non identifiés l’on fait tomber de sa moto dimanche soir et ont emporté sa clé USB ainsi que son téléphone cellulaire.

Brandissant des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire « Fin de l’impunité au Togo » et « 40 années de dictature, ça suffit », une centaine de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme et de responsables de l’opposition ont marché dans les rues de Lomé en direction du ministère de la Communication.

Cette manifestation a été organisée alors que le Togo continue de se remettre des émeutes sanglantes qui ont éclaté en février à la mort du président Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé sans partage le Togo pendant 38 ans, et après la nomination d’un de ses fils à sa succession.

Dans un rapport des Nations unies publié le mois dernier, le gouvernement togolais a reconnu qu’il a une bonne part de responsabilité dans les “graves violations des droits de l’homme ” et les actes de violence qui ont fait entre 400 et 500 morts et plusieurs milliers de blessés.

Depuis son lit d’hôpital, M. Dzikodo a confessé à IRIN : « Leur intention était de m’éliminer et les coups visaient ma tête ».

« Ils m’ont roué de coups avant de chercher à m’asphyxier à l’aide de gaz lacrymogène qu’ils ont pulvérisé sur mon visage. Ensuite, ils m’ont introduit dans la bouche une sorte de bonbon très dur qu’il m’ont obligé à avaler ». M. Dzikodo a souligné avoir réussi à cracher l’objet.

Sorti à la rencontre des manifestants, le ministre togolais de la Communication Kokou Tozoun a déclaré que « le gouvernement condamnait cette agression. Rien ne peut justifier l’agression de ce journaliste ». Il a toutefois mis en garde les journalistes contre ce qu’il considère comme une description exagérée des blessures de M. Dzikodo.

Le ministre Tozoun s’était rendu lundi au chevet de M. Dzikodo.

Dzikodo est le directeur de publication du bihebdomadaire togolais, Forum de la Semaine, une revue de l’opposition très critique à l’endroit du gouvernement togolais dirigé désormais par le fils du défunt président Eyadema, Faure Gnassingbe, arrivé au pouvoir a l’issue d’élections qui auraient été truquées, selon l’opposition..

M. Dzikodo – que certains trouvent très radical dans ses articles sur le gouvernement – a été emprisonné à plusieurs reprises sous les gouvernements d’Eyadema et a reçu par le passé de nombreuses menaces de mort.

L’association Reporters sans frontières a indiqué qu’étant donné le climat tendu qui règne au Togo, les agressions comme celle commise sur la personne de M. Dzikodo sont particulièrement inquiétantes.

« Pour le bien de l’ordre public, nous demandons que tout soit mis en œuvre pour rechercher et punir les auteurs de cette agression », a indiqué l’association dans un communiqué. « Sinon, étant donné la situation politique volatile qui prévaut au Togo, l’agression de M. Dzikodo pourrait encourager tous ceux qui ont des comptes à régler avec la presse ».

Léonard Vincent, responsable du programme Afrique de RSF, a indiqué à IRIN que la première réaction du ministre de la Communication – après sa visite à M. Dzikodo et sa condamnation de l’agression – est encourageante, mais l’important est de voir la suite que le gouvernement donnera à cette affaire. « Nous devons suivre cela de près ; nous ne pouvons pas nous contenter de leur parole ».

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