DEPECHE

Coup d’État : silence radio à Lomé deux semaines après l’arrestation du frère du président

Le 25 avril 2009, publié sur ufctogo.com

Plus de déclarations officielles, plus de communiqués dans les médias : les autorités togolaises ne parlent plus du coup d’État au Togo qui aurait été déjoué dans la nuit du 12 au 13 avril, une affaire dans laquelle est impliqué Kpatcha Gnassingbé, le frère du président.

Député, ancien ministre de la défense et membre du bureau politique du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir), Kpatcha Gnassingbé a été interpellé le 15 avril devant l’ambassade des États-Unis à Lomé où il tentait de trouver refuge. Il avait été inculpé le même jour de "complot" et de "tentative d’attentat contre la sûreté de l’État".

Essolizam Gnassingbé, un autre frère du président Faure Gnassingbé, est également incarcéré depuis plusieurs jours, selon des sources diplomatiques, mais aucune source officielle n’a jusqu’à présent confirmé.

Plusieurs autres personnes de l’entourage de Kpatcha Gnassingbé, dont des militaires, ont été également arrêtées, selon des sources policières, mais ni le gouvernement, ni l’autorité judiciaire n’en ont donné le nombre exact, les noms et encore moins le ou les lieux de détention.

En dépit de l’inculpation du frère du président, personne n’a encore officiellement indiqué s’il y aurait un procès.

Seules les Forces armées togolaises (FAT) ont fait état lundi des arrestations de neuf militaires dont cinq officiers, sans préciser les grades et identités.

"J’ai l’impression qu’on nous cache beaucoup de choses", estime Adjouavi Mensah, membre d’une association de défense des droits de la Femme.

Pour Edem Elikam, un étudiant en droit à Lomé, les autorités judiciaires, notamment le procureur de la république, "ont tort" de garder le silence, le dossier étant "très sensible". "Le procureur avait pourtant bien commencé, mais il s’est par la suite rétracté. Est-ce la pression ? Y-a-t-il de zones d’ombres ?", se demande-t-il.

Les premiers jours, le procureur Robert Bakaï était monté au créneau à plusieurs reprises pour informer les Togolais. Il avait notamment annoncé à la télévision le "coup d’État" déjoué après l’attaque dans la nuit du 12 au 13 avril du domicile de Kpatcha Gnassingbé.

Il avait aussi rendu publiques son arrestation et son inculpation, affirmant à la télévision et la radio que "des investigations avaient révélé des indices graves et concordants impliquant l’honorable député comme organisateur" du complot.

Selon une source proche du dossier, l’enquête se poursuit et le juge d’instruction "fait correctement son travail".

"Il est toutefois recommandé d’éviter certaines déclarations sur un dossier déjà entre les mains d’un juge d’instruction, surtout que les prévenus bénéficient de la présomption d’innocence. C’est une affaire très délicate traitée avec toutes les précautions, car le droit sera dit", d’après la même source.

Les Nations Unies, ainsi que la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (Cédéao) ont invité ces derniers jours les autorités togolaises à traiter le dossier dans le "strict respect des procédures judiciaires et légales en vigueur au Togo et selon les normes du droit international".

Plusieurs organisations nationales de défense des droits de l’homme, ainsi que certains partis politiques ont également demandé aux autorités de prendre "toutes les dispositions, afin que la lumière soit faite sur cette affaire".

"La justice a intérêt à bien traiter ce dossier pour ne pas créer d’autres problèmes, car le principal mis en cause est le frère du président et un membre très influent du parti au pouvoir", avertit un diplomate à Lomé.

AFP, Lomé, Togo

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