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Coup d’Etat en Guinée-Bissau, mise en place d’un "comité militaire"

Le 14 septembre 2003, publié sur ufctogo.com

BISSAU, 14 sept (AFP) - 16h47 - L’armée bissau-guinéenne a renversé dimanche le régime du président Kumba Yala et installé un "comité militaire" dirigé par le général Verissimo Seabra Correia, qui s’est engagé à former un gouvernement de transition et à organiser des élections.
Le putsch s’est apparemment déroulé sans violence, aucun coup de feu n’ayant été entendu par les habitants de Bissau, dont la plupart ont continué à vaquer normalement à leurs occupations.

Le président Yala quant à lui, un civil de 50 ans au pouvoir depuis janvier 2000, ainsi que son Premier ministre, Mario Pires, étaient détenus depuis le début de la matinée à l’état-major général des armées.

Des élections législatives, quatre fois reportées, devaient avoir lieu le 12 octobre dans ce petit pays lusophone d’Afrique de l’Ouest. Mais un doute planait sur leur tenue à la date prévue, la commission électorale ayant fait savoir vendredi qu’elle n’était "techniquement" pas prête.

Le "Comité militaire de restitution de l’ordre constitutionnel et démocratique (CMROCD)" dont la mise en place a été annoncée par les militaires sur les ondes d’une radio privée, Radio Bombolong, est dirigé par le chef d’état-major général des armées, le général Correia.

Celui-ci a déclaré à la télévision publique portugaise qu’il allait assurer la présidence "par intérim" jusqu’à la tenue d’élections.

"Un groupe de militaires et d’anciens combattants membres de l’ex-junte militaire (au pouvoir en 1999) ont mis fin au régime de Kumba Yala pour préserver la démocratie et éviter la guerre civile déclarée par le Premier ministre lors de sa campagne électorale", ont déclaré les putschistes dans un communiqué.

Le 4 septembre, le Premier ministre avait déclaré qu’une victoire de l’opposition aux législatives "signifierait la guerre dans le pays". "Ils veulent se venger, tous nos villages seront écrasés...", avait-il dit.

Ce "CMROCD", selon son communiqué, prévoit de "créer un gouvernement de transition composé de toutes les sensibilités politiques nationales", dont la mission sera de "rétablir l’autorité de l’Etat, débarrasser l’administration publique de toute coloration partisane et créer les bases pour des prochaines élections générales".

Les putschistes, qui ont instauré un couvre-feu, affirment aussi leur intention d’"organiser le plus rapidement possible des élections à la cour suprême de justice", afin de "garantir la transparence lors des prochaines élections".

Ils prévoient l’instauration d’un "conseil national de transition, comme organe consultatif", avec les partis politiques représentés au parlement, "les représentants du prochain gouvernement de transition, du pouvoir judiciaire, de la société civile et des autorités traditionnelles et religieuses".

Les militaires disent enfin vouloir "organiser les élections générales quand les conditions seront réunies".

L’annonce du renversement du régime a été faite à 08H00 locales (même heure sur les ondes de Radio Bombolong, via un communiqué lu par un commandant, Zamora Induta, qui a justifié l’action de l’armée par "l’incapacité" du Premier ministre "à assumer ses prérogatives" et à "gérer la situation".

Il est notamment reproché à M. Pires son "incapacité à régler les arriérés de salaires", situation à l’origine "des convulsions sociales et vagues de grèves successives" dans le pays.

Zamora Induta était porte-parole de la junte qui avait dirigé le pays après le renversement du président Joao Bernardo Vieira, en mai 1999, jusqu’à l’élection de Kumba Yala, en janvier 2000.

Entre juin 1998 et mai 1999, la Guinée-Bissau avait connu une crise politico-militaire qui l’a laissée exsangue et dont elle ne s’est toujours pas remise. Cette rébellion avait alors été conduite par le général Ansumane Mané, tué par les forces loyalistes en novembre 2000 alors qu’il venait de mener une nouvelle tentative de putsch.

Le premier président de la Guinée-Bissau, Luis Cabral, avait été déposé par l’armée en 1980.

AFP

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