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Côte d’Ivoire : Abidjan quadrillée par l’armée au lendemain d’affrontements meurtriers

Le 26 mars 2004, publié sur ufctogo.com

ABIDJAN (AFP) - vendredi 26 mars 2004 - 10h55 - Abidjan était vendredi matin toujours quadrillée par un imposant dispositif de l’armée et des forces de l’ordre, au lendemain d’une journée de violence qui a fait 25 morts, selon un bilan officiel.

Le quartier du Plateau, centre politique et des affaires de la ville, était toujours vide de toute circulation, à l’exception des véhicules transportant les forces de l’ordre.

Même spectacle à Cocody, quartier résidentiel chic et des ambassades : pas ou peu de circulation.

La plupart des magasins sont restés fermés à travers la ville.

Toutes les écoles avaient été fermées jeudi et vendredi, par crainte de troubles à l’occasion de cette manifestation, interdite par le pouvoir.

La situation dans les quartiers périphériques était moins claire, les journalistes ayant beaucoup de difficultés à se déplacer, mais aucune information ne faisait immédiatement état d’une reprise des violences.

Les affrontements entre forces de l’ordre et militants de l’opposition qui tentaient de se regrouper pour manifester au Plateau ont fait jeudi à Abidjan 25 morts selon un bilan officiel, 30 morts selon l’opposition.

Le président Laurent Gbagbo avait interdit toute manifestation et réquisitionné l’armée pour maintenir l’ordre jusqu’au 15 avril.

Les opposants au régime avaient toutefois maintenu leur appel à manifester pour protester contre le blocage des accords de paix de Marcoussis (signés en France en janvier 2003), qu’ils attribuent au camp présidentiel.

Les principaux partis d’opposition, le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ancien parti unique) de l’ex-président Henri Konan Bédié, et le Rassemblement des Républicains (RDR) d’Alassane Ouattara devaient examiner la situation vendredi matin, selon un responable du RDR. Ils avaient initialement appelé jeudi à manifester de nouveau.

Le RDR et les Forces nouvelles (ex-rébellion), ainsi que deux petits partis politiques, ont annoncé suite aux violences de jeudi qu’ils suspendaient leur participation au gouvervenement de "réconciliation nationale".

Le parti du président, le Front Populaire Ivoirien (FPI) a de son côté accusé les partis d’opposition d’avoir voulu monter une "tentative d’insurrection armée".

Le comité international de suivi des accords de Marcoussis devait se réunir vendredi au siège de la mission des Nations Unies (MINUCI) à Abidjan.

Jeudi, le président français Jacques Chirac a appelé les Ivoiriens "au sens de la responsabilité" et à "reprendre la voie du dialogue et de la réconciliation" après ces heurts meurtriers, lors d’une conférence de presse en marge du sommet européen de Bruxelles.

De son côté, le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a appelé "toutes les parties ivoiriennes et chaque citoyen de Côte d’Ivoire à privilégier l’intérêt national, à cesser tout affrontement et à reprendre sans attendre et sans condition la pleine mise en oeuvre de l’accord (de paix) de Linas-Marcoussis".

Une profonde crise politico-militaire déchire la Côte d’Ivoire depuis le lancement en septembre 2002 d’une insurrection armée. Le pays est coupé en deux, le nord étant contrôlé par les ex-rebelles des Forces Nouvelles.

© 2004 AFP

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