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« Complot » au Burkina : la justice évoque des liens avec la Côte d’Ivoire et le Togo

Le 10 octobre 2003, publié sur ufctogo.com

OUAGADOUGOU, 9 oct (AFP) - 18h24 - Un nouvel officier burkinabè a été arrêté dans le cadre de l’enquête sur une tentative de putsch contre le président Blaise Compaoré, a annoncé jeudi la justice qui a pour la première fois mis en cause la Côte d’Ivoire et le Togo.
Les gendarmes enquêtant sur ce "complot", révélé mardi par les autorités du Burkina, sont "sur une piste très sérieuse", a affirmé le commissaire général du gouvernement, Abdoulaye Barry, qui fait office de procureur général auprès du tribunal militaire.

"Le capitaine (Luther) Ouali, +cerveau+ de l’affaire, a effectué des missions en Côte d’Ivoire et au Togo où il a contacté des personnalités", a-t-il déclaré, sans révéler aucun identité.

"On a saisi ses calepins, ses agendas, des correspondances et une déclaration intitulée +déclaration numéro 10+ dans laquelle on appelait les militaires des garnisons à s’apprêter pour la suite", a affirmé M. Barry.

Les perquisitions "ont également permis de saisir des documents où sont répertoriées toutes les réunions, toutes les missions à l’intérieur et à l’extérieur du Burkina", a-t-il ajouté.

En annonçant deux jours plus tôt qu’un complot contre le président Compaoré avait été déjoué, M. Barry avait évoqué une "aide extérieure" fournie aux suspects par un pays étranger mais s’était refusé à citer des noms.

Le commissaire du gouvernement a également annoncé l’arrestation d’un autre officier de l’armée burkinabè, le lieutenant Philippe Minoungou, portant à 14 le nombre de suspects interpellés par les gendarmes.

Cet officier, qui avait déjà été auditionné par les gendarmes, était en poste à la garnison militaire de Po (sud). Il a été arrété au moment où il tentait de pénéter dans la cour de l’Ambassade des Etats-Unis à Ouagadougou en escaladant un mur, selon M. Barry.

M. Barry a indiqué qu’un des détenus, le sergent Moussa Kaboré, s’est pendu mercredi soir dans sa cellule à l’aide de son pantalon, au camp de la gendarmerie à Ouagadougou.

Parmi les prévenus figurent deux capitaines. Celui que la justice présente comme le "cerveau" de l’affaire, Luther Ouali, détaché au ministère du Commerce, a avoué aux enquêteurs qu’il voulait "changer le régime" pour se venger des "brimades" dont il a été victime au cours de sa carrière, a indiqué le commissaire général.

Le deuxième capitaine, Bayoulou Boulibié, était lui en service à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du Burkina (sud-ouest).

Tous les autres militaires sont des sergents, des caporaux ou des hommes du rangs, anciens éléments de la garde présidentielle qui disent avoir été "exploités et abandonnés" par le régime de M. Compaoré, arrivé au pouvoir en 1987 à la faveur d’un coup d’Etat.

Le seul détenu civil, Pascal Paré Israel, est un pasteur, instituteur de profession, qui sillonnait le pays pour recruter de nouveaux membres.

En 1996, les autorités du Burkina avaient déjà déjoué une "atteinte à la sûreté de l’Etat", fomentée selon elles par le chef de la sécurité présidentielle de l’époque, l’adjudant Hyacinthe Kafando.

En 1991, une nouvelle Constitution a été adoptée, mettant fin à onze années de régime militaire. Blaise Compaoré a été élu à la présidence au cours d’une élection boycottée par l’opposition et marquée par près de 75% d’abstention. Il a été réélu en novembre 1998, lors d’un scrutin également boycotté par les principaux partis d’opposition.

AFP

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