DEPECHE

Chirac ordonne la destruction des moyens militaires aériens ivoiriens

Le 6 novembre 2004, publié sur ufctogo.com

Le président Jacques Chirac a donné l’ordre de détruire les "moyens aériens militaires ivoiriens utilisés ces derniers jours en violation du cessez-le-feu" en Côte d’Ivoire, après l’opération qui a coûté la vie à huit soldats français, a annoncé samedi l’Elysée dans un communiqué.

Huit soldats français ont été tués et 23 blessés samedi à Bouaké (centre de la Côte d’Ivoire), lors de bombardements gouvernementaux entraînant la destruction à Yamoussoukro (centre) par des militaires français des deux avions Sukhoï de l’armée du président Laurent Gbagbo.

Le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra une réunion d’urgence samedi après-midi sur la Côte d’Ivoire, a-t-on annoncé officiellement à l’Onu.

Le lycée français Mermoz a été incendié samedi après-midi à Abidjan, dans le quartier chic de Cocody, par des jeunes manifestants antifrançais, a-t-on appris auprès de témoins.

Un citoyen américain a été tué en Côte d’Ivoire lors des raids de l’armée gouvernementale ivoirienne qui ont coûté la vie à huit soldats français, a annoncé samedi l’Elysée dans un communiqué.

La France envoie en Côte d’Ivoire deux compagnies supplémentaires en renfort pour assurer la sécurité de ses ressortissants, a ajouté l’Elysée.

Paris a appelé samedi le président ivoirien Laurent Gbagbo "à assumer ses responsabilités" pour ramener le calme en Côte d’Ivoire, dans un message du ministre des Affaires Etrangères Michel Barnier.

"Le chef de l’Etat ivoirien doit clairement assumer ses responsabilités et le rôle qui est le sien pour ramener son pays au calme en particulier à Abidjan", a dit M. Barnier dans une déclaration transmise à l’AFP.

Des combats ont éclaté samedi après-midi entre les troupes loyalistes et les combattants des Forces nouvelles (FN, rebelles) à Sakassou au sud de Bouaké (centre de la Côte d’Ivoire), le fief des FN, a annoncé Sidiki Konaté, porte-parole de cette formation.

"La bataille fait rage et nous avons fait descendre des renforts du nord", a précisé M. Konaté.

Cet engagement est le premier affrontement entre troupes terrestres des deux parties depuis que les loyalistes ont entrepris jeudi des bombardements aériens sur le nord de la Côte d’Ivoire aux mains des rebelles.

Des combats ont par ailleurs éclaté samedi vers 16H00 locales (et GMT) entre militaires français et ivoiriens à l’aéroport international d’Abidjan, qui a été fermé au trafic international, a-t-on appris auprès du porte-parole de l’opération française Licorne en Côte d’Ivoire, le colonel Henry Aussavy.

Les forces armées ivoiriennes "nous ont tiré de dessus, on a riposté", a déclaré le colonel Aussavy, assurant qu’il ignorait les raisons de ces tirs.

"Une position tenue par la force française Licorne à Bouaké (centre) a été bombardée ce samedi à 14H00 par deux (avions) Sukhoï 25 des forces des forces gouvernementales. En réplique à cette agression, la force Licorne a détruit les deux Sukhoï vers 14H15 à Yamoussoukro (centre)", a indiqué le ministère français de la Défense dans une déclaration lue à l’AFP.

Le bilan de cette attaque des forces gouvernementales contre le fief des rebelles est de "huit morts et 23 blessés" parmi les effectifs de la force Licorne, selon cette source.

La France a également déployé samedi trois avions chasseurs Mirage-F1 à Libreville par "mesure de précaution" en raison de la situation en Côte d’Ivoire, a par ailleurs annoncé une source militaire française dans la capitale gabonaise.

Les attaques gouvernementales menées depuis jeudi ont relancé le conflit ivoirien alors que le processus de paix issu des accords de Marcoussis (signé en janvier 2003 dans la région parisienne) s’enlise depuis des mois.

Les risques d’une reprise du conflit armé à grande échelle sont d’autant plus grandes que les Forces Nouvelles (rébellion) ont menacé samedi de riposter.

Si "ils (les forces gouvernementales) franchissent la zone de confiance nous allons leur rentrer dedans", a déclaré samedi par téléphone à l’AFP le porte-parole des FN Sidiki Konaté depuis Bouaké.

La Côte d’Ivoire est coupée en deux depuis le déclenchement en septembre 2002 d’une rébellion contre M. Gbagbo. Des forces de l’Onu (Onuci- 6.000 hommes) et des troupes de l’ancien pouvoir colonial, la France, (4.000 hommes) sont déployées pour surveiller le cessez-le-feu de part et d’autre de la "zone de confiance".

Les Forces nouvelles (rébellion) avait indiqué plus tôt samedi que les bombardements gouvernementaux depuis jeudi avait fait au moins 11 morts et une centaine de blessés.

Ces opérations ont été condamnés samedi par l’Union africaine (UA), qui a accusé le régime du président Laurent Gbagbo de rompre les accords de paix.

Le président de l’UA, le chef de l’Etat nigérian Olusegun Obasanjo a exprimé "sa profonde inquiétude face à la reprise des hostilités, en particulier les bombardements par les forces gouvernementales".

A l’issue d’une réunion avec le président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré, à Otta, dans le sud-ouest du Nigeria, M. Obasanjo a également appelé à un renforcement du mandat de l’Onuci afin de leur permettre de mieux réagir aux violations du cessez-le-feu. Aucun représentant ivoirien n’était présent à cette réunion.

M. Konaté, confirmé par un porte-parole de l’Opération Licorne à Abidjan, a par ailleurs indiqué que le cantonnement des soldats français dans la ville de Man (ouest), aux mains rebelles, a été attaqué samedi : les manifestants "très agressifs" ont accusé ces soldats d’être des "complices du régime de Gbagbo".

La ministre française de la Défense Michèle Alliot-Marie avait souhaité vendredi un renforcement du mandat de l’Onuci qu’elle a critiqué.

Elle avait également fait état de tentatives d’offensives terrestres des forces ivoiriennes, annonçant qu’une colonne des Fanci, qui se dirigeait "du sud vers le nord" de la Côte d’Ivoire, a été "arrêtée par les forces de l’Onuci".

Les bombardements ont été condamnés par l’Onu comme une "violation majeure du cessez-le-feu", et qualifiés samedi de "véritable coup d’Etat" par le chef des FN, Guillaume Soro.

"Laurent Gbagbo sait que son sort politique est joué si la situation se normalise. La guerre est sa seule chance", a ajouté M. Soro, estimant que "les Nations unies doivent passer à l’acte pour imposer un véritable cessez-le-feu".

AFP - Visiter le site

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