DEPECHE

Catastrophe aérienne à l’aéroport de Cotonou au Bénin

Le 25 décembre 2003, publié sur ufctogo.com

COTONOU (AFP) - 25/12/2003 20h48 - Au moins 80 personnes ont trouvé la mort le jour de Noël dans l’accident d’un avion, à destination de Beyrouth, qui s’est écrasé au décollage de Cotonou, avec à bord une grande majorité de passagers libanais qui partaient au Liban pour les fêtes de fin d’année.

Le premier bilan officiel communiqué par la télévision béninoise s’élevait à 57 morts mais le nombre de victimes semble être supérieur.

Un témoin libanais sur place, Antoine Chaghoury, frère du consul honoraire du Liban à Cotonou, a fait état de "80 corps repêchés et transportés vers les morgues des hôpitaux" de la capitale béninoise.

Auparavant, des témoins avaient rapporté avoir vu au moins 60 corps, dont des enfants, alignés sur une plage jonchée de débris, de bagages et d’effets personnels des passagers rejetés par les vagues, située en bout de piste de l’aéroport qui jouxte le Golfe de Guinée.

Les corps de 32 victimes, dont cinq enfants, ont été transportés à la morgue de l’hôpital de Cotonou, et les employés d’une autre morgue de la ville ont indiqué avoir reçu 38 autres cadavres.

En fin d’après-midi, alors que la nuit commençait à tomber, les secours continuaient toujours d’extraire d’autres cadavres de la carlingue.

Selon le ministère béninois de la Santé, au moins 22 personnes ont survécu à l’accident mais un décompte réalisé par l’AFP auprès d’hôpitaux et de cliniques de la capitale économique béninoise en a recensé 29.

Une source aéronautique béninoise haut placée a indiqué que 141 passagers se trouvaient à bord du Boeing-727, en très grande majorité des Libanais qui se rendaient vraisemblablement dans leur pays pour y passer les fêtes de fin d’année, selon M. Chaghoury.


Selon la source aéronautique, l’avion n’a pas réussi à prendre suffisamment d’altitude au décollage et le train arrière a heurté un bâtiment situé en bout de piste, déséquilibrant l’appareil qui a "piqué du nez sur la plage" et a pris feu "avant d’achever sa course dans la mer".

"Il était certainement surchargé ou la cargaison était mal centrée", a estimé cette source, relevant toutefois que la capacité de ce type de Boeing est de 200 passagers.

"Il avait eu des problèmes au sol" avant de décoller, a-t-elle ajouté, précisant que les enregistreurs de bord avaient pu être récupérés et permettraient certainement d’expliquer la catastrophe.

Le ministre libanais des Transports Najib Mikati a affirmé que le Liban avait refusé d’accorder une licence à la compagnie UTA (Union des transports africains), qui possédait l’appareil accidenté, car "elle ne remplissait pas les conditions techniques" (ndlr voir l’appareil sur planetpictures).

La compagnie UTA, enregistrée en Guinée, appartient à des émigrés libanais, et l’appareil effectuait des liaisons entre différentes capitales ouest-africaines et Beyrouth ou Dubaï, a-t-il indiqué.

De nombreuses familles d’origine libanaise, en pleurs, étaient venues sur la plage de Cotonou à l’annonce de l’accident. Certaines personnes se sont évanouies à la vue des cadavres.

Le Bénin, comme tous les pays d’Afrique de l’ouest, compte une importante communauté libanaise, très active dans le secteur du commerce dans cette région.

En fin d’après-midi, des militaires béninois avaient sorti de l’eau la cabine de l’avion à l’aide d’une grue et tentaient également de dégager le reste du fuselage, a constaté un journaliste.

Beaucoup de personnes qui étaient venus profiter de la plage en ce jour férié de Noël ont mis en cause la lenteur des secours, soulignant que la plupart des victimes et des corps avaient été extraits de l’avion par des badauds ou des pêcheurs locaux.

Le président béninois Mathieu Kérékou et ses ministres de la Défense, de l’Intérieur et des Transports, de même que le maire de Cotonou, l’ancien président Nicéphore Soglo, se sont rendus sur les lieux.

Une compagnie de gendarmes s’est déployée pour sécuriser le site avant la tombée de la nuit, repoussant des centaines de curieux à l’écart.

Une délégation libanaise, comprenant des membres du ministère des Affaires étrangères, doit se rendre jeudi soir à Cotonou pour superviser les opérations de secours et le rapatriement des victimes, a dit à l’AFP le ministre de l’Information Michel Samaha.

AFP

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