DEPECHE

Calme précaire à Lomé, l’opposition pose ses conditions

Le 30 avril 2005, publié sur ufctogo.com

L’opposition togolaise s’est dite prête à discuter avec des médiateurs internationaux pour tenter de mettre fin à la crise, à condition que ces derniers admettent au préalable qu’elle a gagné le scrutin présidentiel contesté de dimanche dernier.

"La situation est claire. Il faut chercher une voie de sortie", a déclaré Patrick Lawson, membre de l’Union des forces de changement (UFC), la principale coalition d’opposition qui accuse le pouvoir d’avoir eu recours à une fraude massive, avant et pendant l’élection, pour assurer la victoire de Faure Gnassingbé.

"L’opposition est prête à prendre part à toute discussion. Mais nous insistons pour que cette médiation passe par l’Union africaine, l’Union européenne et l’Onu", a-t-il ajouté.

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a annoncé qu’elle enverrait une mission d’information à Lomé samedi afin d’aider au règlement de la crise ouverte il y a trois mois par la mort de l’ancien président Gnassingbé Eyadéma, père de Faure Gnassingbé.

Le président de la Cedeao, Mohamed ibn Chambas, et le ministre nigérien des Affaires étrangères, Aichatou Mindaoudou, devraient faire partie de la délégation.

Les dirigeants africains redoutent que le Togo sombre dans la guerre civile et déstabilise une Afrique de l’Ouest déjà en proie à plusieurs conflits.

BILANS CONTRADICTOIRES

Selon l’opposition, le bilan des violences qui ont secoué le Togo ces derniers jours s’élèverait à 99 morts, avec une majorité de victimes recensées à Lomé, Aneho (est) et Atakpamé (centre).

La Ligue togolaise des droits de l’homme évoque pour sa part un bilan d’au moins 40 morts.

"Il est difficile de faire un bilan des atrocités, mais au moins la LTDH a établi un bilan provisoire d’une quarantaine de morts et de beaucoup de blessés par balles et des disparus", précise dans un communiqué son président Adote Akwei.

"Malgré un calme relatif, la tension persiste et la chasse à l’homme en cours prend une proportion inquiétante", ajoute-t-il.

Lomé avait retrouvé vendredi un calme tout relatif et la tension était toujours perceptible, comme en témoigne l’attaque du centre culturel allemand.

Des hommes armés ont tiré sur le bâtiment tôt dans la matinée, ce qui a contraint les vigiles à la fuite. Les assaillants ont ensuite incendié le centre.

La police a par ailleurs fait savoir qu’elle interrogeait sept personnes soupçonnées d’implication dans la mort de huit Maliens, brûlés vifs mercredi au deuxième jour des émeutes à Lomé. Il avait été dit dans un premier temps que ces victimes étaient de nationalité nigérienne.

Par ailleurs, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a annoncé que 6.500 personnes avaient fui vers le Bénin et le Ghana voisins.

Dans une interview publiée vendredi par Le Monde daté de samedi, Faure Gnassingbé dit cependant ne pas penser "que le Togo va basculer dans la guerre civile."

Il renouvelle également son offre pour la formation d’un gouvernement de transition avec l’opposition, dont le candidat, Bob Akitani, s’est autoproclamé président.

"S’ils refusent demain, j’espère que le surlendemain ils accepteront. La réconciliation est un long processus", souligne-t-il.

par Silvia Aloisi

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