DEPECHE

Aristide a quitté Haïti, selon des sources diplomatiques

Le 29 février 2004, publié sur ufctogo.com

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Le président haïtien Jean Bertrand Aristide a quitté tôt dimanche matin Haïti pour une destination inconnue, selon des sources diplomatiques.

M. Aristide, confronté à une insurrection armée et à une pression internationale, serait parti pour la République dominicaine mais ce ne serait pas la destination finale, a indiqué une source.

Jean Bertrand Aristide pourrait aussi, selon d’autres informations, se rendre au Maroc, à Taïwan, au Panama ou en Afrique du Sud.

Washington avait auparavant directement accusé le président haïtien Jean Bertrand Aristide, déjà très isolé sur la scène internationale, de porter une grave responsabilité dans la crise que traverse son pays, contrôlé pour moitié par des insurgés armés qui ont promis d’attaquer Port-au-Prince.

La Maison-Blanche, dans un long communiqué publié samedi soir, a demandé aux partisans de Jean Bertrand Aristide comme aux rebelles de cesser les violences. Les insurgés ont affirmé de leur côté qu’ils quitteraient lundi Cap-Haïtien, la deuxième ville de l’île, dans le nord, pour marcher sur Saint-Marc, dans l’ouest, et sur la capitale Port-au-Prince.

"Il faut empêcher Aristide de continuer à tuer", "l’objectif reste Port-au-Prince", a déclaré Winter Etienne, le responsable politique du Front de Résistance Nationale. Il a expliqué que les insurgés allaient "organiser" Cap-Haïtien et y mettre une place une autorité civile et militaire, avant de quitter cette ville de 700.000 habitants.

Samedi matin, Jean Bertrand Aristide avait réaffirmé sa détermination à rester au pouvoir, ignorant les appels des Etats-Unis, de la France et du Canada qui lui ont demandé d’envisager une démission. "Pas question de partir", a lancé le président sur la télévision d’Etat, appelant ses partisans au calme.

Samedi, les pillages se sont poursuivis dans l’enceinte portuaire de la capitale Port-au-Prince. Des centaines de pillards, pour beaucoup armés, s’emparaient de tout ce qu’ils pouvaient emporter.

Mais un calme précaire régnait dans le reste de la ville, où les barricades érigées par les militants ont été abandonnées, l’appel au calme du président Aristide semblant avoir été entendu.

La Maison Blanche, dans son communiqué, a accusé "des bandes armées et dirigées par le président Aristide" d’avoir ces derniers jours "pillé des biens et attaqué des personnes" dans la capitale.

"M. Aristide doit donner l’ordre à ses partisans de cesser ces actes de violence. Les forces rebelles qui s’approchent de Port-au-Prince doivent cesser leurs actes de violence pour permettre une solution politique", ajoutait l’appel de Washington.

Selon la Maison Blanche, "cette crise en gestation depuis longtemps est largement de la responsabilité de M. Aristide". Etant donné l’évolution de la situation, la Maison Blanche à une nouvelle fois remis en question la "capacité" du président à continuer à gouverner. "Nous le pressons instamment d’examiner sa position avec attention, d’accepter ses responsabilités et d’agir dans les meilleurs intérêts du peuple haïtien", soulignait le texte.

Quelques heures plus tôt, environ 2.000 partisans du président Aristide avaient manifesté autour de l’ambassade américaine à Port-au-Prince, brandissant des portraits de leur dirigeant sous l’oeil d’un détachement de Marines américains.

Le secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains (OEA), Cesar Gaviria, a de son côté réclamé samedi une trêve "comme premier pas vers un processus démocratique prenant en compte l’intérêt de tous".

Vendredi soir, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, avait demandé à tous les Haïtiens "d’éviter la violence et de résoudre leurs différends par des moyens pacifiques".

Vendredi, la ville avait été le théâtre de scènes d’anarchie, pillages et violences, notamment de la part des "chimères", les partisans armés du pouvoir issus des bidonvilles.

La nuit suivante a été plus calme, mais plusieurs tirs sporadiques ont été entendus et la station de radio indépendante, Radio Vision 2000, visée par des tirs, a été contrainte de suspendre ses émissions.

Huit corps au moins ont été vus abandonnés dans différents endroits de la ville, dont l’un devant le principal hôpital.

Samedi, deux religieuses et un prêtre français ont été évacués d’un orphelinat qu’ils dirigeaient près de Port-au-Prince, après avoir été menacés de mort, et espéraient pouvoir quitter le pays.

Le gouvernement canadien a envoyé samedi trois avions militaires en Haïti pour rapatrier ses ressortissants, bloqués du fait de la suspension des liaisons aériennes commerciales.

© 2004 AFP

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