DEPECHE

Après la Centrafrique et la Jamaique, le Nigeria accorde l’asile temporaire à Aristide

Le 22 mars 2004, publié sur ufctogo.com

ABUJA (AFP) - Le Nigeria a décidé d’accorder un asile temporaire de "quelques semaines" au président haïtien déchu Jean-Bertrand Aristide, "jusqu’à ce qu’il gagne un autre pays", à la demande de la Communauté des Caraïbes (Caricom), a annoncé lundi le porte-parole de la présidence nigériane.

Dans un communiqué, la porte-parole du président Olusegun Obasanjo, Mme Remi Oyo, indique que le Nigeria a donné son accord, en réponse à une requête des pays de la région caraïbes, pour accueillir M. Aristide "en escale" dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

"Après avoir reçu la requête de la Caricom, le Nigeria a entrepris de vastes consultations auprès des leaders africains, de la direction de l’Union africaine, du gouvernement américains et d’autres autorités concernées", a expliqué mme Oyo.

"Compte tenu de l’assentiment recueilli au fil de ces consultations, le Nigeria a donné son accord à la demande de la Caricom", a-t-elle expliqué.

"La CARICOM, sous l’autorité du Premier ministre de Jamaïque Percival Patterson, a demandé au Nigeria d’envisager d’accueillir l’ancien président d’Haïti Jean-Bertrand Aristide en escale pendant quelques semaines, jusqu’à ce qu’il gagne un autre pays", a-t-elle ajouté.

Jean-Bertrand Aristide est arrivé en Jamaïque le 15 mars en provenance de la République centrafricaine qui l’avait accueilli le 29 février après qu’il eut abandonné le pouvoir et fui son pays en proie à un soulèvement, escorté par des agents des forces américaines.

Depuis son départ d’Haïti, M.Aristide s’est plaint d’avoir été contraint de quitter le pouvoir sous les pressions américaines et françaises et n’a pas reconnu l’autorité du nouveau gouvernement mis en place en Haïti, sous l’autorité du Premier ministre Gérard Latortue.

Alors que le président déchu était supposé séjourner une dizaine de semaines en Jamaïque, Etat insulaire voisin d’Haïti, sa présence à une telle proximité de son pays toujours instable a fait craindre que ses partisans ne soient tentés de monter une contre-offensive pour reprendre le pouvoir.

Gérard Latortue a gelé les relations avec la Jamaïque qui, en retour, a refusé de reconnaître l’autorité du nouveau gouvernement haïtien qui n’a pas non plus été reconnu par la Caricom.

Les membres de cet organisme régional des Caraïbes doivent cependant se retrouver à St Kitts et Nevis les 25 et 26 décembre pour débattre de cette question.

Jean Bertrand Aristide a, pour sa part, indiqué qu’il espérait se rendre en Afrique du Sud où le président Thabo Mbeki est apparu comme son partisan déclaré, mais jusqu’à présent les autorités de Pretoria se sont montrées réservées.

Haïti connait une stabilité relative depuis le déploiement d’une force internationale dirigée par les Etats-Unis et composée, outre d’Américains, de troupes françaises, canadiennes et chiliennes et la mise en place du gouvernement intérimaire de M. Latortue.

Cependant des tensions subsistent et les soldats de maintien de la paix ont été impliqués dans plusieurs échanges de tirs avec des délinquants ou des partisans armés d’Aristide.

La présence de Jean-Bertrand Aristide au Nigeria pourrait cependant perturber certains citoyens de ce pays qui s’interrogent toujours sur la décision du président Obasanjo d’accueillir, en août 2003, le président déchu du Liberia, Charles Taylor.

La présence de Taylor, pour laquelle le Nigeria avait été loué dans un premier temps par Washington et plusieurs de ses alliés, est devenue un fardeau pour cet Etat ; nombre de voix s’élèvent pour demander l’extradition de l’ancien chef de guerre vers la Sierra Leone où il a été inculpé pour crimes de guerre par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone en raison de son implication dans la guerre civile dans ce pays.

En outre, Aristide - qui s’est fait depuis plus discret - avait fortement embarrassé ses premiers hôtes centrafricains en évoquant à de multiples reprises le "coup d’état franco-américain" qui, selon lui, l’a obligé à quitter le pouvoir.

© AFP

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