DEPECHE

A deux semaines de la présidentielle, la presse togolaise se déchaîne

Le 13 mai 2003, publié sur ufctogo.com

A deux semaines de la présidentielle togolaise, dont les conditions sont déjà dénoncées, la presse se déchaîne, les uns jugeant que le président sortant Gnassingbè Eyadéma est le seul garant de la stabilité, les autres l’accusant de "hold-up constitutionnel".

Pour la presse d’opposition, 36 ans "ça suffit" et le général Eyadéma, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat en 1963, "viole" ses engagements en se représentant une troisième fois grâce à une modification sur mesure de la Constitution en décembre dernier, qui a également privé de candidature son principal opposant historique, Gilchrist Olympio.

M. Eyadéma avait annoncé en juillet 2001, son intention de retirer de la course à la présidentielle de 2003, conformément à la constitution de l’époque.

"Eyadéma veut rester au pouvoir jusqu’à sa mort" comme (Félix) Houphouët Boigny en Côte d’Ivoire, estime une publication d’opposition tandis que le "Flambeau des Démocrates" parle du "combat de trop" du "sergent-chef Etienne Eyadéma" (du nom du président avant sa décision d’"africaniser" les prénoms au Togo dans les années 1970).

De son côté, M. Olympio multiplie les interviews, dans lesquelles il affirme que "le régime Eyadéma s’est considérablement affaibli" et que cette fois "nous n’allons plus laisser faire".

La candidature d’Olympio, président de l’UFC (Union des Forces du Changement), a pourtant été rejetée par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) pour dossier "incomplet" (pas de quitus fiscal et pas de résidence au Togo depuis un an). Une décision confirmée par la Cour constitutionnelle après un recours du candidat.

Comme si cela ne suffisait pas, certains journaux pro-gouvernementaux s’emploient à "démolir" M. Olympio en remettant en cause sa nationalité, un procédé qui fit recette en Côte d’Ivoire, notamment à l’égard de l’opposant Alassane Ouattara, régulièrement présenté par plusieurs pouvoirs successifs comme Burkinabè.

L’hebdomadaire "13 Janvier" titrait ainsi récemment "un Ghanéen à la conquête du pouvoir".

Fac-similes à l’appui, l’hebdo s’en donne à coeur joie contre M. Olympio, fils du premier président du Togo indépendant (Sylvanus Olympio) tué en 1963 lors d’un coup d’Etat. Il aurait ainsi les nationalités "canadienne, britannique, américaine, indienne, béninoise et ghanéenne" et ses "propos cachent une démence latente", selon cette source.

Pour Echos d’Afrique, l’opposant serait un "agresseur patenté", un "tonneau vide qui fait beaucoup de bruit", un "traître avec l’argent pour appât", etc...

Dans les media du pouvoir, l’argument central est que, face à des "irresponsables" et des "budgétivores", seul M. Eyadéma, donné favori face à six candidats d’opposition, est capable d’assurer la tranquillité et la prospérité du pays.

Les inquiétudes se multiplient pourtant à l’approche du scrutin du 1er juin.

La France et les Etats-Unis ont appelé début mai à une élection "libre et transparente" tandis que l’Union europénne a rappelé mardi qu’elle ne dépêcherait pas de mission d’observation faute d’accord avec le gouvernement togolais sur le déroulement d’une mission exploratoire dans les délais impartis.

De son côté, la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH) a appelé la communauté internationale à "faire pression" sur Lomé.

"Depuis plusieurs mois, le pouvoir multiplie les manipulations législatives et constitutionnelles, musèle l’opposition, menace et opprime les représentants de la société civile dans le seul but de rester en place", a notamment dénoncé l’organisation de défense des droits de l’Homme.

AFP

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